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REFLEXIONS

Quand Moussa Baldé se perd dans son argumentaire et avoue son échec (Par Abou Kane) – YerimPost

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C’est connu en dépit des facteurs édaphiques favorables notamment dans le delta, les vallées du Sénégal et de la Falémé et le bassin de l’Anambé , le Sénégal court toujours derrière son autosuffisance en riz , un objectif maintes fois déclaré au cours des dernières années .Au-delà de l’objectif purement économique et social , il s’agit d’abord d’une question de souveraineté tout court et de sécurité nationale car, qu’adviendrait-il si les gros producteurs comme L’Inde pour une raison ou une autre , arrêtait leurs exportations de riz vers le Sénégal .Pour un produit de base aussi important qu’est le riz dans les habitudes et choix de consommation locaux , il est presque dangereux pour un pays de continuer à dépendre de l’extérieur .Mais cette ambition d’autosuffisance , telle une arlésienne attend encore d’être concrétisée. L’état du Sénégal s’était engagé à relever ce défi en 2017 une priorité dans le Plan Sénégal Emergent .Le constat d’échec de l’objectif ou de non atteinte , c’est coule de source même s’il faut reconnaître les efforts louables consentis ces dernières années par l’état dans les zones rizicoles en terme d’accompagnement des acteurs de la filière .Cette année, une production de 1,45millions de tonnes, soit 400 mille tonnes de plus que l’an dernier est annoncée. C’est une bonne nouvelle en attendant, l’autosuffisance pourrai-t-on dire. C’est dans ce contexte que le ministre de l’agriculture et de l’équipement Rural Moussa BALDE  s’est lancé récemment dans un exercice poussif pour tenter de justifier une telle situation qui lui a été rappelée par la presse .Pour lui , les experts en particulier de la FAO considèrent qu’en moyenne,  le Sénégalais consomme 9O kilogrammes de riz blanc par mois. Et si on prend la population sénégalaise en 2017 par  ce taux, on devrait produire 1 million de tonnes de riz blanc dans la vallée du fleuve Sénégal et 600.000 mille tonnes de riz pluvial à l’horizon 2017 .A l’en croire, ce chiffre devrait fatalement évoluer puisque la population elle aussi évoluerait. Vous avez raison Mr le Ministre .La population du Sénégal de 2017 n’est pas celle de 2017 en terme de taille .Mais en bon mathématicien, vous n’êtes pas censé ignorer, Monsieur le ministre, que ces experts ont plus travaillé sur la base d’hypothèses que de projections. C’est dire que la FAO ne peut que donner des indications voire des trends vers l’atteinte de l’objectif susmentionné .Toutes fois , la véritable question à poser réside sur la qualité et la fiabilité des statistiques officielles .Un sérieux problème qui date de plusieurs années entre les projections de rendements productions et les résultats effectifs sur le terrain , il y’a beaucoup de choses à dire .Beaucoup de chiffres officiels ou présumés comme tels concernant aussi bien les productions annuelles que les besoins en consommation circulent .Entre la consommation réelle , les données disponibles ne sont pas toujours explicités pour conforter les objectifs de production .Sous ce rapport, une évaluation périodique du PNUAR Programme national pour l’autosuffisance en riz, peuvent  aider à voir plus claire .C’est sur ce terrain de l’impulsion vers une obligation de résultats,  qu’est justement attendu le ministre de l’agriculture .Toutes autres conjectures , nous éloignent d’avantage de la réalisation de l’ambition déclamée.

La cruelle vérité des chiffresAutre justificatif évoqué pour expliquer le décalage entre l’ambition déclarée et la réalité du terrain , le ministre Moussa Balde a souligné que la SAED Société d’aménagement des terres du delta Sénégal et  des vallées du Sénégal et de la Falémé et la SODAGRI  n’ont pas vocation à produire du riz .Son département n’a pas non plus vocation à produire du riz .La production selon lui , c’est la vocation des producteurs .Ce qui est du reste vrai , même si ce rappel sonne comme une lapalissade voire un truisme. Nous notre rôle est d’encadrer et d’organiser l’espace rural pour que toutes les conditions d’équipement soient réunies pour une production optimale .Or , le premier facteur est le fait une double culture intégrale .Celle-ci voudrait que si on produit par exemple pour cette année 50.000 hectares en contre saison ,qu’on puisse aussi arriver à atteindre cette quantité a avoué le ministre d’après qui l’autre difficulté réside notamment sur l’après contre saison , à savoir le temps pour le producteur de vendre son riz , de payer ses dettes et le temps pour lui de se tourner vers la saison pluviale. En fin,  Monsieur le ministre a pointé du doigt un goulot d’étranglement .Comment alors réduire le temps que met le producteur entre les deux campagnes hivernales et contre saison ?Travailler sur tous les maillons de la filière production transformation , commercialisation , en vue d’asseoir une synergie d’actions permettant au producteur de mieux s’intégrer dans l’économie de marché .En clair, inciter ce dernier à travailler dans la contre saison pour produire plus et gagner plus. De la même manière que les importateurs, les distributeurs et les consommateurs sont aussi interpellés dans ce combat pour l’autosuffisance qui doit être une œuvre collective de haute portée citoyenne.

Abou KANE



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