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2020, Entre Dialogue National, Retrouvailles Et Deals Dans Un Contexte De Covid-19

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L’apparition du covid-19 n’a pas mis un frein sur la vie politique des nations dont une grande partie sont allées aux élections dans le courant de l’année 2020. Au Sénégal, ce ne fut pas une année électorale certes, mais elle reste riche en évènements politiques. Le coronavirus a servi de prétexte, dans notre pays, aux retrouvailles entre le pouvoir et une partie de l’opposition. Mieux, un prétexte n’étant jamais petit, le covid-19 sera convoqué pour légitimer l’entente retrouvée entre Macky Sall et Idrissa Seck lors d’un remaniement ministériel qui continue de déchainer des passions.

Comparée à une année normale, 2020 n’a  pas été pourvue en évènements politiques. Mais  elle aura quand même été l’occasion pour les  citoyens sénégalais de voir se réaliser sous leurs yeux des scènes  jamais espérées. On retiendra que c’est lors de l’année finissante que les leaders politiques de tous bords, conscients du conteste pandémique grave, ont décidé de taire leurs divergences, pour se réunir autour de l’essentiel dans un élan de solidarité.

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La balade des candidats de 2019 au palais de la république

Même si une année ne s’était pas encore écoulée entre la réélection contestée de Macky Sall  et l’apparition du coronavirus, le pays n’en était pas moins animé sur le plan politique. Les candidats malheureux à  l’élection présidentielle de 2019 avaient semblé revenir à de meilleurs sentiments en acceptant de participer au dialogue national lancé par Macky Sall dès le 28 mai 2019. L’acceptation d’être partie prenante audit dialogue n’a pas été  synonyme d’une désertion du champ politique. D’ailleurs, l’opposition dite radicale,  personnifiée par Ousmane Sonko, continuait de donner du grain à moudre au pouvoir.

Le 24 mars 2020, soit près d’un mois après l’apparition du premier cas, le président Macky Sall déroulait le tapis rouge du palais aux ténors de l’opposition. Furent ainsi reçus les 4 candidats à la présidentielle, en l’occurrence Idrissa Seck, Issa Sall, Ousmane Sonko et Madické Niang. De même, Khalifa Sall, le maire de Dakar déchu et emprisonné pour ses ambitions, a été de la partie  au nom de l’intérêt supérieur de la nation. De ce point de vue, l’année 2020 a été politiquement l’année de tous les scénarios. Voir Ousmane Sonko au palais, à côté de Macky Sall qui l’a fait radier? Voir Khalifa Ababacar Sall accepter l’invitation de Macky Sall qui l’a fait condamner? Cela n’arrive pas tous  les ans, et il faut avoir vécu les rebondissements de 2020 pour le constater.

La question du 3ème mandat et le remaniement ministériel

Comme en 2019, la question du 3ème mandat a refait surface le long de l’année finissante. Des pontes du  régime, dont Me Moussa Diop, démis de la direction générale de Dakar Dem Dikk après une sortie sur la question , ont été soit punies soit écartées. C’est justement dans ce contexte de soupçons d’une volonté de briguer une troisième candidature qu’interviendra, à la surprise générale, un remaniement qui continue encore de faire jaser.

Des identités remarquables, que sont les Mamadou Makhtar Cissé, Aly Ngouille Ndiaye, Me Oumar Youm, Amadou Ba, et la présidente du Conseil économique social et environnemental, Aminata Touré, vont quitter le navire. A la place, le président de la République met en place un gouvernement d’ouverture qu’il justifie par le règne de la pandémie. Des partisand d’Idrissa Seck, Yankhouba Diattara et Aly Sleh, feront aussi leur entrée dans le gouvernement.

Idirssa Seck, et sa nomination au CESE: le surprenant virement

Ses attaques contre Macky Sall montraient une position extrême envers le régime, position qui lui avait valu la sortie de la  coalition Bennoo Bokk Yaakaar, en 2013. Idrissa Seck qui refusait de se plier au diktat du « muut mbaa mott ( se taire ou sa casser) a finalement mis de  l’eau dans son vin. Et  oui, lui qui disait que la vision de Macky Sall ne dépassait pas Diamniadio et qu’il « peut peu », a tourné sa veste pour accepter une nomination à la tête du Cese. Cette décision du président de Rewmi, de rejoindre l’ennemi ou l’adversaire juré, Macky Sall, sera à l’origine de commentaires intarissables et de lynchage excessif. Mais cela n’a jamais ébranlé le politicien-communicant qui met ces retrouvailles sur le dos du covid-19.

Des séparations et des retrouvailles inédites

Parallèlement aux retrouvailles entre Idy et Macky, l’opposition sénégalaise a profité du vide laissé par celui considéré comme leur « chef » pour reconstituer un bloc. Frustré par sa défénestration, l’ancien DG de Dakar Dem Dikk quitte la coalition Macky 2012 dont il était le président pour retrouver l’opposition radicale. On retiendra surtout la médiation faite par Ousmane Sonko pour reconcilier Me Moussa Diop et Barthélémy Diaz, opposés par une affaire de diffamation qui avait atterri en justice.

Pendant ce temps, la majorité présidentielle notamment le parti Alliance pour la République (APR) perd de ses éléments fondateurs. Il s’agit de Moustapha Cissé Lô, chassé du parti à cause des insultes proférées à l’endroit de Yakham Mbaye et Farba Ngom. Pour ne rien régler, la mise à l’écart de Moustapha Diakhaté, de Mimi Touré  et la promotion des transhumants viennent empirer la situation dans les rangs du parti au pouvoir.

Report des locales et la  suppression des villes

Alors qu’elles devaient se tenir  initialement en 2019, les élections locales continuent d’être reportées. Le contexte du dialogue national et l’apparition de la pandémie n’auront fait  que légitimer un énième report. Même la date annoncée de mars 2021 n’aura pas été finalement pas la bonne du fait  de l’étroitesse du temps disponible. Visiblement, l’Etat du Sénégal joue sur le temps pour ne pas organiser de scrutin que, peut-être, il n’est pas sûr de gagner.

Ce serait en effet ce qui a motivé le ministre des collectivités locales, Oumar Guèye à parler de la suppression des villes de la  cartographie des mairies du Sénégal. Le débat, soulevé depuis une semaine, continue d’être au-devant de l’actualité et se prolongera à coup sûr jusqu’en 2021. La société civile et l’opposition sont vent debout contre cette idée de mettre un terme à l’existence des villes.

Par Ababacar Gaye/SeneNews

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