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Economie

Si j’étais président… On vivrait mieux (Papa Makhtar Diallo )

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Je vois mal comment, dans quelques années, on pourrait dire de notre époque qu’elle était superbe… Alors, si j’étais président je changerai ce pays de manière radicale. 

Certes, on est loin de la période de la colonisation, loin de la traite négrière, mais l’avenir est-il si plus radieux que ça ? Y’aura-t-il de la lumière au bout du tunnel ? Y’aura-t-il une issue honorable de ce tunnel ?  

Au rythme où vont les choses, je vois mal comment ce pays peut être sauver si ce n’est par un autoritarisme, ou avec de la dictature. Et donc, si j’étais président, j’aurai changé les choses, mais alors, vraiment ! 

D’emblée, je donne raison à Jacques Chirac lorsqu’il affirmait que «la démocratie est un luxe pour les Africains». La phrase avait paru très choquante voire même injurieuse, mais si on y regarde de plus près, on voit tout ce qui se trame dans ce pays contre le peuple et sous le couvert de la démocratie, et  liberté d’expression.

Alors, je me dis que nous ne méritons peut-être pas toute cette liberté et cette démocratie, à vrai dire notre société est d’une particularité qui ne dit pas son nom, à tel point qu’on ne peut pas tout dire, tout révéler, tout exposer, tout exprimer ! Par la même occasion on est interdit de faire n’importe quoi. L’autocensure fait partir de notre culture arrêtons ce libertinage et les dérives

Même s’il semble attesté que ce pays part en couille, fout le camp, part à la dérive, s’enlise, s’enfonce dans le lit marécageux du fleuve Sénégal, il faudra des couilles solides pour se mettre tous à le relever, à fixer ses nouvelles orientations, aider à prendre les bonnes décisions, restez plus que jamais forts spirituellement et s’éloigner vaille que vaille de cette tristement célèbre pusillanimité connue de nos dirigeants – des marionnettes aux mains de la France qui vous les transforme en des pantins – et au sein de toute notre classe politique qui manque si de classe qu’elle fait pitié tout simplement. 

Si nous prenons exemple sur le Rwanda, un pays considéré jadis comme une dictature mais qui, en quelques années, est devenu un exemple de développement durable et de croissance économique, on se rend compte que dans ce pays, exemple pour exemple, le prisonnier n’est pas nourri gratuitement par la société ; il travaille dans des champs ou dans d’autres structures pour gagner sa vie et avoir un nouvel départ quand il aura terminé de purger sa peine. Donc, en même temps qu’il est en prison il prépare sa reconversion à sa sortie. C’est en effet mieux que de le laisser croupir en prison. Vous vous êtes déjà demandé comment en arriver à cela ? Tombons d’abord d’accord sur les 15.000 détenus qui seraient plus utiles dehors que dedans. Alors, imposons-leur des travaux d’intérêt public, d’intérêt général et communautaire, alors nous ferons d’eux des agriculteurs, des pêcheurs, des ouvriers, des maçons francs en construction de bâtiments et autres structures d’habitation. Non des francs-maçons ignares qui aspireraient illégalement au pouvoir du mandat républicain à titre de députés, de maires ou de président.

Tantôt il était ici question de démocratie et de liberté ou comment s’en priver pour cesser d’être des dindons de la farce publique et virer tribord bâbord en sombrant dans la dictature et espérer enfin redresser ce pays. C’est le résultat de 60 ans d’impéritie que nous devrions payer chers au lieu qu’on nous parle à longueur de journée de liberté et de démocratie. Mais et nous même dans tout ça ? Où tout cela va nous mener si nous n’arrivons pas à nous débarrasser des dépendances factuelles envers les occidentaux.

Si j’étais président, donc, je commencerai par supprimer les réseaux sociaux… Sans blague ! Oui, car la vie d’avant était beaucoup plus mieux que celle d’aujourd’hui. Les gens n’étaient pas forcés ni obligés d’être scotchés à leur téléphone, occupés à faire des selfies matin, midi et soir. La communication était plus vivante entre collègues, amis et entre élèves et enseignants. La vie d’avant 1980, c’était sympa : on rigolait bien entre amis, mais surtout, on rigolait de tout et de rien sans autres états d’âme ; on s’entraidait diligemment… Mais aujourd’hui, les réseaux sociaux qui nous déterminent nous ont déshumanisés et ont développé leur emprise sur nous en injectant le réflexe du virus de tout partager au lieu de venir au secours à des gens qui en ont besoin. Combien de fois avons-nous vu une personne filmant un accident alors que ces assidus témoins n’étaient même pas foutus de le secourir au lieu de filmer des agressions ? Combien de fois des personnes malades, passés pour être des déficients mentaux sont filmés librement pour ensuite les exposer sur la toile en moquerie populaire ? C’est lâche et inhumain, n’est-ce pas… ? Convenons-en ! 

La deuxième raison pour laquelle je supprimerai les réseaux est que d’autres citoyens, en manque de joie de vivre et d’amour-propre, passent leur temps à dénigrer, à parler, avec méchanceté et aigreur. Ils fouillent la vie des gens pour ensuite l’exposer, dans le but de détruire ou tenter de nuire à autrui gratuitement. Toutes ces dérives doivent cesser. Pour se reconstruire une nouvelle dignité nous n’avons pas besoin de déconstruire si imparfaitement les autres. 

Toujours parmi les raisons qui me pousseraient à interdire l’accès des réseaux sociaux dans ce pays, il y a que nous constatons, depuis quelques années, qu’il y a quand même des phénomènes graves, des personnes véreuses, des personnalités pitoyables que je ne citerai pas, qui ne plaident que pour des représailles. Ils et elles vont se reconnaître, pas besoin de les montrer du doigt. Mais par décence, voyez-les-moi vous faire un pied de nez parce qu’ils occupent des postes, des positions, des stations, des fonctions et s’en mettent plein les poches avec leurs prérogatives et leurs indemnités pour ensuite se moquer du peuple pauvre.  

Nul besoin d’en vomir davantage pour ne pas déborder le vase de colère mais, je vous le dis, à force l’envie nous passe de se mettre l’oreille en coin pour les écouter débiter démagogiquement des balivernes supplémentaires. Nous n’avons pas ce discours là pour tasse de thé, à vrai dire. Dans ma langue, je leur dirai tout simplement qu’avoir affaire avec des gens comme vous, plus que de l’auto-aliénation c’est d’extrémisme qu’il faudrait craindre de tomber malade d’hystérie. Parce qu’ils sont devenus extrêmement dangereux pour eux-mêmes, mais aussi pour la société ; et malheureusement, ces malades qu’ils sont, utilisent à défiance, à gogo, à satiété les réseaux sociaux pour in-communiquer et font preuve d’une grande ignorance quand ils perçoivent leur audience au-delà de leurs propres limites intellectuelles. Car toutes leurs discussions tournent autour de la sexualité, des paroles rapportées, du quand dira-t-on etc… On dirait que le Sénégalais a un problème dans sa tête avec l’organe appelé sexe. On ne pense qu’à faire de bons plans Q ! pour ce soir et aduler le voyeurisme sur la fenêtre des autres dans l’intimité close de leur chambrette…Vraiment ! A-t-on idée ? Qu’est-ce que ça peut bien nous faire d’être informés de tout ce qu’il se passe… au pays des Pawlish, Ouzin Kéïta, Ndella etc. Des faux rois lions et des fausses reines du Walo qui n’en tiennent pas moins le haut du pavé sans dragée haute…. 

Alors, comme la folie est contagieuse, il faudra bien limiter les dégâts en interdisant d’abord les réseaux sociaux, ensuite amener ces gens dans des maisons de redressement… Oui, je suis pour les maisons de redressement et de correction, pour que tous ces tordus bons pour être jetés à la poubelle à défaut de rejoindre Barça ou Barsax, ne soient plus de potentiels criminels, agresseurs, cambrioleurs, escrocs, détourneurs, violeurs, tueurs, meurtriers, assassins comme la société est actuellement d’en fabriquer des tonnes à la pelle. Où vont-ils aller ces repris de justice une fois arrêtés, embastillés, jugés et reclus, puis libérés si ce n’est mutant se muer en d’hypothétiques fantômes des donneurs de leçons qui ont intérêt à avoir toujours des gens sur qui rejeter la faute qu’ils ont commise ? 

Donc c’est pour éviter tous ces dérapages que j’aurai supprimé les réseaux sociaux, et par la même occasion, revoir tous les programmes télé pour les reconfigurer au national. Je trouve d’ailleurs malsain et indécent que pendant que des centaines de familles sont obligées de faire le deuil de leur enfant péri en mer sans corps retrouvé, que le mépris profond et total de nos dirigeants s’étale platement à la même période, comme pour dire à ces familles «nous aussi on s’en fout de vos enfants». On invite des énergumènes à la télévision pour s’exhiber et faire le clown ; ils amassent des numéraires en sommes d’argent importantes et c’est anormal et immoral. N’oublions pas que des gens sont morts sur la route de l’émigration à la quête d’un avenir meilleur… Donc on devrait avoir honte de les frustrer davantage à défaut de leur apporter du respect et du réconfort avec plus de considérations pour leur situation peu enviable. 

Malheureusement, on nous a appris à banaliser la mort dans ce pays : il faut faire barrage à cette mortifère délire de s’en foutre de la perte de vie, quelle qu’elle soit, si petite ou si âgée soit-elle. Moi président je me serais fait ce devoir de réduire au maximum le taux de létalité ambiante et banalisée.  

J’aurais soumis un test-quizz aux télévisons pour ne garder que les meilleurs programmes, et ensuite, un contrôle strict sera exercé pour le respect des cahiers de charge. Enfin, bien évidemment, elles auront de nouveaux cahiers de charges conformes aux normes et standards communautaires pour éviter désormais que la télévision ne soit l’affaire de quelques particuliers. Les médias, en général, auront à jouer un rôle éminemment prépondérant pour booster le développement humain et communautaire durable, avec la conscientisation des masses. En ce sens, on aura réussi à les transformer en des instances de socialisation de l’homo senegalensis. 

À ce moment-là, rien n’est plus inquiétant que la destruction progressive, au fil des années, d’un outil du savoir et de réflexion comme la télévision, ce puissant média. Récemment, une télévision de la place qui organisait un casting a précisé que les intéressés n’avaient pas besoin de diplômes, mais juste envoyer deux photos … En d’autres termes, ce que tu as dans la tête ne nous intéresse pas ou peu, mais c’est ton paraître qui nous intéresse, c’est à dire ta beauté. « Beauté ! » Elles sont toutes belles après passage au salon… 

Le nivellement vers le bas doit cesser, on ne peut pas continuer à affaiblir l’esprit critique et encourager la médiocrité. L’entreprise de crétinisation du SÉNÉGAL est une réalité. J’aurais mis fin à ça aussi…  Car ce pays doit être redressé, et je milite pour l’ouverture des maisons de redressement et une privation accrue des libertés. Certes ça va à l’encontre de mes principes, mais il me paraît aujourd’hui primordial que nous renoncions à nos libertés pour repenser la société : 6 mois sans internet, les familles et les palabres reprendront leur place importante, les télévisions seront dans l’obligation de faire des cours à distance pour tout le monde sur les droits civiques et les règles de base en société… 6 petits mois pour remettre de l’ordre dans ce pays. 

Et il le faut, oui, je dis bien il le faut ! C’est un impératif ! Construisons des maisons pour envoyer certaines personnes qui ont un problème existentiel et qui croient que leur existence et leur importance sont liées au nombre de gens qui les suivent sur les réseaux sociaux. Mettons fins aux bonheurs artificiels et bonimenteurs ! 

Si j’étais le président aujourd’hui, j’aurais fermé les bases militaires étrangères et aurai transformé ces lieux en centres d’accueil et d’habitation pour faire du social. J’aurai dégagé la France de la gestion du pays ; j’aurais mis tous les ministres, président et députés en prison pour au moins 6 mois au motif qu’ils ont trahi tout le peuple. 

J’aurais fermé les boîtes de nuits, les dancings privés et autres salles de spectacles. J’aurais transformé le Grand théâtre en une usine de production céréalière et j’aurais fait de l’Arène nationale une université d’élites du sport. J’aurais enfin fait de Dakar Arena un hôpital de dernière génération. J’aurais fait de Kaolack, le bassin arachidier, la nouvelle capitale économique.  

J’aurais arrêté ce tourisme sexuel sur la Petite Côte… J’aurais réduit, voire supprimer les avantages liés aux postes de ministres et directeurs généraux… J’aurais doté les sapeurs-pompiers d’équipements de dernière génération et de moyens suffisants en changeant leur devise en «sauver sans périr». J’aurais mis à la place du Monument de la renaissance des habitations pour le logement social avec des maisons construites par les centres de redressement qui auront fait leur preuve et leur capacité de bâtir des citoyens modèles et valeureux… 

Nous savons bien chanter et danser, mais il faut à présent que l’on pense à travailler plus pour nous-mêmes d’abord avant de se dire des activistes, des politiciens, des comédiens. Il nous faut un Sénégal de tous pour tous, par tous avec tous et toutes. Mais cette fois-ci avec un peu plus de sérieux.  

Certes, avec moi, vous aurez moins de « divertissement », mais vous serez plus heureux, mieux instruit, plus performants et vous verrez que le bonheur ne se décrète pas, il se cultive et se trouve au bout du résultat. Tout est là : dans le fait de pouvoir subvenir à ses propres besoins, garantir à ses enfants une bonne éducation, avoir accès aux services sociaux de base en eau, électricité, transport et santé. Mais aussi, vous aurez des biens et services de toutes sortes pour vous outiller et surtout retrouver la vie de famille, le civisme en société qui nous manque tant. Dans les maisons, personne ne va plus s’isoler pour s’enfermer dans la connectivité des réseaux sociaux. Tout le monde sera au salon à rire, à discuter, à s’aimer en frères et sœurs. Je vous aurais garanti la vraie vie. Une vraie vie assez loin quand même de la démocratie et des bonheurs artificiels ou « Lol » remplace un sourire, « Mdr » un fou rire… Mais hélas je ne suis qu’un indigné… plus que jamais indigné.

Papa Makhtar Diallo auteur, chroniqueur