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Politique

Criminalisation Du Viol, Une Solution à Problèmes… (Par Marie Louise NDIAYE)

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Manier convenablement le langage du jeu charnel n’est pas donné à tout le monde. Si certains ont l’art de délier le verbe de la passion à la perfection, d’autres bégaient bêtement pour s’offrir le fruit interdit. Un handicap qui fait commettre à beaucoup d’individus la bêtise de leur vie. Se démarquant de cette raison qui différencie l’homme de l’animal, ils forcent leur victime à leur faire l’amour.

A se plier à leurs désirs et fantasmes. A leur arracher un «oui imaginaire» après un strident «non enragé». Une violation des règles de la vie, commise par beaucoup de fougueux qui, pour quelques minutes de jouissance, piétinent lâchement la loi en abusant de leur proie. Une proie qui peut être une femme mure, une demoiselle, une mineure, une fillette de moins de 13 ans, un petit garçon, une personne souffrant de troubles psychiatriques ou même un bébé.

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Dans des circonstances atroces, l’agresseur sexuel la(le) propulse au fond de l’univers horrible du viol. Cette mamie, maman, étudiante, écolière, fillette ou petit garçon, victime du repoussant acte de pénétration commis avec violence, contrainte et surprise, voit sa vie se couvrir de la souillure de l’abus.

Au Sénégal, le viol reste l’une des infractions les plus fréquentes des rôles des tribunaux. Les victimes sont marquées au fer rouge. Brisées à vie ! Face à la recrudescence de cet acte ignoble, les associations des droits des femmes se sont battues pour le faire criminaliser. La victoire de leur combat s’est matérialisée par leur sacre du 31 décembre 2019 à l’assemblée nationale avec le vote, à l’unanimité, de la loi 2020-05 du 10 Janvier 2020 criminalisant le viol et la pédophilie.

Adoptée, elle met en garde tous ces hommes, taraudés par l’envie de revisiter frauduleusement l’appareil génital de leur proie. Si jamais l’idée de toucher au fruit interdit sort de leurs deux oreilles pour aller plus loin, ils risquent des peines allant de 10 ans à la réclusion à perpétuité. Avec la promulgation de la loi, l’espoir de voir le phénomène ralentir a farci l’esprit des acteurs de combat. L’Objectif était d’ailleurs ça.

Seulement, c’est tout le contraire. A une semaine de l’anniversaire de son adoption, une enquête menée par l’Obs permet de découvrir qu’en voulant régler un problème, d’autres ont jailli. En plus de remplir les cabinets d’instruction avec des faits qui pouvaient se régler en flagrants délits, les praticiens du droit se veulent plus prudents avec le règlement de ces affaires qui sont souvent voilées de règlements de compte ou d’accusations sans fondement.

De plus, assoir le viol étant de tout temps difficile, beaucoup de procureurs interrogés préfèrent disqualifier les faits en détournement de mineures ou attendant à la pudeur si les preuves ne sont pas solides.

Parlant de « l’absurdité de la loi » qui pouvait ne pas être abrogée, l’idéal aurait été selon les interlocuteurs, corser les peines en matière de viol et le maintenir comme un délit. Sans parler de la hausse du surpeuplement carcéral causé par cette loi. Car, le mis en cause peut rester 3 ans sans être jugé.

Pour, par la suite, être acquitté. Car INNOCENT ! Alors que ça pouvait se régler 2 jours après son placement sous mandat de dépôt au grand soulagement de la victime qui verra son bourreau en prison pour 10 ans ou 20 ans. Et le mis en cause s’il est innocent, relaxé…

Tout ça, fait de cette criminalisation du viol «une loi à problèmes»….une loi votée dans « l’émotion »
LA SUITE DE L’ENQUÊTE EST DANS LE JOURNAL L’Obs du jour qui a fait le tour de 12 tgi. Les chiffres, malgré les disqualifications, sont effarants…
Me Jospeh Étienne Dione, avocat à la cour avait tiré la sonnette d’arlame, aujourd’hui, ses inquiétudes sont confirmées.
Amy Sakho, est-ce que dou ya porter wone le noble combat de la criminalisation du viol sakh? Aminata Libain Mbengue vient nous faire une analyse des conséquences de la loi. Ramatoulaye Ba Bathily, Ndeye Coumba Diop, Fatou Ndiaye, Ndeye Fatou Sarr, vos avis de belles et pertinentes robes noires. Ousmane Thiam, Abdourahmane Lenine So, Pape Jean Seye, j’ai creusé l’abcès, pansement bok. Ndèye Ndèye Khansou Camara ma procureur préférée, j’ai confiance en ton expertise.
Sokhna Fatou Sy, Makhaly Ndiack Ndoye, Awa Faye, Alassane Drame, Daouda Mine, pour avoir couvert et participé à tant de cas de viol, cette loi était-elle la bonne solution ?
Bref, vous aurez les avis les praticiens de droits interrogés, les chiffres des 12 tgi dans le L’Obs du jour.

Marie Louise NDIAYE

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