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Macky et la France, ça fleure une esquisse de divorce

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Catalogué pro-français, Macky Sall semble avoir tourné le dos à l’Hexagone. Car, depuis quelques temps, les intérêts français ne trouvent plus grâce à ses yeux, de façon répétitive. En effet, les entreprises françaises installées au Sénégal font face à de nombreux ennuis et tracasseries. Que ce soit Eiffage, Orange, Css ou encore Canal+, on constate que la légion macronnienne est en train d’être bousculée dans ce pays francophone. Le flirt avec la Turquie, la Chine ou le Maroc expliquerait sans doute ce changement de ligne.

 

Fini l’idylle entre l’Administration Sall et la France ? Catalogué pro-français depuis sa prise de fonction en 2012, Macky Sall semble aujourd’hui lâcher ce partenaire stratégique. En effet, ces derniers temps, son gouvernement pose des actes qui donnent l’impression que les intérêts français ne trouvent plus grâce aux yeux du numéro 1 sénégalais. Car, que ce soit Eiffage et sa filiale Secaa, la filiale sénégalaise de l’opérateur de télécommunications français Orange, le géant des hydrocarbures Total, Canal+, victime d’une lapidation médiatique depuis quelques semaines, pour ne citer que celles-là, la légion française au Sénégal fait face à de nombreux problèmes avec l’Administration Sall. Laquelle se montrerait, avec diplomatie certes, hostile aux intérêts français. En effet, Orange-Sénégal a fait face, aussi surprenant que cela puisse paraître, au refus catégorique du régime de Macky Sall de faire appliquer les nouveaux tarifs illimix dans un marché de libre concurrence où les prix ne sont pas administrés. Car, en juillet dernier, lors d’une réunion du Conseil des ministres, le gouvernement avait demandé au gendarme des télécoms, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), de retoquer les nouveaux tarifs que l’opérateur de téléphonie mobile venait d’appliquer aux usagers de son réseau.

 

Harcèlement fiscal

Dans la même lancée de ces sociétés, d’autres comme Canal+, victime d’un lynchage médiatique depuis quelques semaines et du laisser-aller sur la fraude des câblos, Total-Sénégal qui perd du terrain, la Compagnie sucrière sénégalaise (Css), dont les travailleurs se sont mobilisés pour la préservation de leurs emplois, commencent à faire les frais de cette nouvelle approche. Laquelle mettrait fin à la chasse en meute des entreprises françaises au Sénégal.

Mais, face à cette situation, il s’y ajoute maintenant la pression fiscale qui n’est pas une incitation économique. En sus du non paiement de la dette que certaines entreprises françaises dénoncent. Car, selon certains chefs d’entreprise, sous le couvert de l’anonymat, les paiements se feraient à la «dette du client».

Qui plus est, assez souvent, en Conseil des ministres, le gouvernement évoque la renégociation du contrat de l’autoroute à péage Dakar-Aibd qu’exploite la filiale sénégalaise du Groupe français Eiffage, à travers la Secaa, (Société Eiffage de concession de l’autoroute de l’Avenir). Ce qui semble indisposer nos «cousins gaulois» qui ne comprennent pas qu’un pays ne respecte pas sa signature. Les exemples foisonnent notamment avec la start-up Akilee de l’homme d’affaires Amadou Ly. Et, Eiffage-Sénégal a déjà donné le ton ferme sur ce projet de renégociation, avec les mêmes qui l’ont presque signé. Ce qui semble annoncer une rude bataille judiciaire à la chambre arbitrale compétente. Espérons que le Sénégal n’y laissera pas des plumes comme dans l’affaire Kumba-ressources, éjecté à tort des mines de fer de la Falémé avant d’être dédommagé au prix fort. De même que dans le business de Adama Bictogo qui raflé 12 milliards dans l’affaires des visas biométriques. Et d’autres exemples encore.

 

Sans doute «l’attitude condescendante» de la France en cause

Ainsi, le pavillon français au Sénégal semble flotter sur une rive agitée. Et le nouveau flirt avec la Chine et la Turquie ne serait pas étranger à cela, si ce n’est un populisme pour le troisième mandat. Ou un tropisme très trisckart. Qui sait ?

En tout état de cause, la situation des entreprises françaises au Sénégal n’a rien à voir avec les autres multinationales. Car, le régime de Sall ne semble pas être aussi regardant avec les Turcs, notamment dans les avenants de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass, les Chinois et autres Marocains. Ce qui n’est pas sans se demander s’il n’y a pas une véritable politique de mise en cause des intérêts de la France dans le pays. En tout cas, si un Etat doit envoyer des signaux clairs, comme l’a fait l’Américain Trump qui clamait orbi et urbi, «l’Amérique d’abord», il faut que l’Etat sénégalais s’y prenne autrement. Et un équilibre serait plus indiqué. Car, les signaux négatifs s’accumulent, comme celui lancé à l’époque par l’ancien ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavent, Me Omar Youm qui était monté sur ses grands chevaux suite aux vérités de l’ambassadeur de France au Sénégal, Philipe Lalliot, sur la date réelle de démarrage du Train Express régional (Ter). Autre tempête diplomatique, le Sénégal s’était plaint au mois de Mai dernier que la compagnie aérienne Air France ait annoncé la reprise de ses vols vers Dakar aux alentours du 16 juin dernier. Ce qui avait outré le château où le «Patron» avait fustigé «l’attitude condescendante» de la France à l’égard des pays africains qu’elle considère toujours comme ses colonies.

 

 

 

 

 

 

Seyni DIOP