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Economie

Le Pape fustige la « concurrence » pour le vaccin

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Le pape a fustigé la «concurrence» entre les pays pour le vaccin demandant de remplacer «les lois du marchés» entre laboratoires par une priorité donnée aux soins «pour les plus vulnérables». 

Pas de place Saint-Pierre de Rome bondée comme chaque année, où les Romains viennent volontiers en foule, le jour de Noël, écouter le pape et recevoir la traditionnelle bénédiction urbi et orbi, pour la ville et pour le monde. C’est à travers une caméra, pandémie oblige, que François s’est exprimé à tous, le 24 décembre 2020, depuis la salle des bénédictions du Vatican, en insistant sur les conséquences sociales de l’épidémie mais en alertant également, comme toujours à cette occasion, sur plusieurs situations de conflits internationaux, de façon à invoquer la paix.

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Pour ce qui est de la crise sanitaire, François a souhaité que «l’accès au vaccin et aux soins soit garanti à tous» en sollicitant «une coopération internationale renouvelée» dans le «domaine de la santé» car «nous sommes dans le même bateau» et qu’«on ne peut pas ériger de barrières» puisque ce «défi ne connaît pas de frontières».

Très soucieux de ce sujet, il a ajouté cette phrase à la première version du message où François a comparé la «découverte du vaccin» à une «lumière d’Espérance» en ces «temps d’obscurité et d’incertitudes de la Pandémie» mais à condition que le vaccin soit «à disposition de tous» et non prisonnier des «nationalisme fermés».

Il ne faut pas, a martelé François, que «le virus de l’individualisme radical» nous rendent «indifférents» à la souffrance des autres : «Je ne peux pas me mettre moi-même, en premier devant les autres, mettant les lois du marché et des brevets d’invention au dessus des lois de l’amour et de la santé de l’humanité.»

Par conséquent, a conclu, sur ce point, le pape : «Je demande à tous, aux responsables des Etats, aux entreprises, aux organisations internationales, de promouvoir la coopération et non la concurrence et de chercher une solution pour tous : vaccins pour tous, spécialement pour les plus vulnérables et les besoins de toutes les régions de la planète. Mettez en premier les plus vulnérables et les plus nécessiteux !»

Polémique sur le vaccin
Le pape François est très actif sur la question de l’accès aux soins et sur le vaccin qui éveille, partout dans le monde, de l’espoir mais aussi des réserves. D’où, la publication par le Vatican, lundi 21 décembre, d’une note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – la plus autorité théologique de l’Église catholique – en faveur du vaccin.

Cette note, signée par le cardinal Luis Ladaria ferrer, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – et formellement approuvée par le pape François le 17 décembre lors d’une audience accordée à ce cardinal sur ce sujet – a toutefois fait polémique. Certains vaccins utilisent du matériel humain issu de fœtus avortés, et l’Église considère que cette utilisation serait «acceptable» moralement dès lors qu’un «grave danger» est à vaincre, que le but est de lutter contre «la propagation de la pandémie» et qu’il n’y a pas «d’alternative».

Dans ces circonstances, estime la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, «la coopération avec le mal» est «éloignée». D’autant, juge encore cette instance, que «la moralité de la vaccination dépend non seulement du devoir de protéger sa propre santé, mais aussi du devoir de poursuivre le bien commun». L’Église demande dans cette même note aux catholiques qui refuseraient de se faire vacciner pour le motif éthique – également demandé dans la doctrine morale de l’Église – de ne pas collaborer avec l’avortement : «D’éviter de devenir des vecteurs de transmission» du coronavirus.

La Congrégation pour la Doctrine de la foi assure encore dans sa note du 21 décembre en faveur du vaccin contre la Covid-19 que cette autorisation «ne constitue pas, en soi une légitimation, même indirecte, de la pratique de l’avortement», et que les catholiques qui se feraient vacciner avec ce type de produit demeurent «nécessairement être opposés à la pratique». En conclusion, cette instance du Vatican, demande, comme le pape, que ces vaccins soient «également accessibles aux pays les plus pauvres d’une manière qui ne leur coûte rien».

«Toute personne est un frère»
Par ailleurs, et en écho à son encyclique Fratelli Tutti, publiée le 3 octobre 2020, le pape a insisté dans son message de Noël sur l’enjeu de la «fraternité» dans cette phase complexe de l’humanité : «Grâce à cet Enfant Jésus, nous pouvons tous nous appeler, et être réellement, frères : de tous les continents, de n’importe quelle langue et culture, avec nos identités et diversités, nous sommes tous frères et sœurs.»

«Non pas une fraternité faite de belles paroles, d’idéaux abstraits, de vagues sentiments» mais une fraternité «capable de faire rencontrer l’autre différent de moi, de compatir à ses souffrances, de s’approcher et d’en prendre soin même s’il n’est pas de ma famille, de mon ethnie, de ma religion. Il est différent de moi, mais il est mon frère et ma sœur.»

Ainsi, conclut François : «Toute personne m’est un frère. Je vois en chacun le reflet du visage de Dieu (…). Je le vois dans la personne malade, dans le pauvre, dans le chômeur, dans l’exclu, dans le migrant et dans le réfugié.»

Évoquant donc les circonstances de la pandémie, le pape a demandé à tous d’être «disponibles, généreux et solidaires, spécialement envers les personnes les plus fragiles, les malades» et envers ceux qui se sont «retrouvés sans travail ou sont en grave difficulté en raison des conséquences économiques de la pandémie». François avait promis la veille de la Nativité aux employés du Vatican qu’aucun ne serait licencié malgré les problèmes économiques.

Il a enfin terminé cet appel à la fraternité par l’évocation des «femmes qui, durant ces mois de confinement, ont subi des violences domestiques.»

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