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De son vivant : Serigne Saliou rétablissait les grands équilibres du pays

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Écouté, respecté voire craint, il intervenait pour sauvegarder les grands équilibres du pays. Fin janvier 2007, dans un contexte lourd d’incertitudes, il a parrainé la réconciliation entre le chef de l’État Abdoulaye Wade et son ex-Premier ministre Idrissa Seck. Les retrouvailles entre les deux hommes ont décrispé le climat politique et contribué à apaiser l’élection présidentielle du 25 févrie  suivant.


 Cité par J.A. en  janvier 2008 parmi « les 100 personnalités qui font l’Afrique », Serigne Saliou était un régulateur social dans un Sénégal en proie à des divisions de toutes sortes. Abdoulaye Wade, dont il était le guide spirituel et qui lui rendait régulièrement visite, s’inclinait devant lui pour solliciter ses bénédictions. L’opposition l’avait rencontré fin novembre de la même année pour lui demander de convaincre Wade d’accepter d’ouvrir le dialogue. Les syndicats sollicitaient sa médiation avant de lancer le moindre mouvement social.

Serigne Saliou était également un acteur économique convaincu de la nécessité pour son pays de réaliser l’autosuffisance alimentaire. Premier agriculteur du Sénégal, il exploitait un domaine de 49 000 hectares à Khelcom, un village du bassin arachidier, et cultivait de l’arachide, du mil, du maïs, des produits maraîchers dans diverses localités du pays : Ndiouroul, Ndiapndal, Ndoka

Paysan dans l’âme, il a toujours vécu au village entouré de ses centaines de talibés, ces jeunes qui apprennent le Coran dans les daaras (« écoles coraniques », en wolof). Avant de s’installer à Touba, capitale du mouridisme, le 13 mai 1990, pour y être intronisé calife général, il n’y venait qu’une fois par an afin de remettre à ses prédécesseurs successifs sa participation aux frais d’entretien de la « ville sainte ».

Serigne Saliou laisse derrière lui une confrérie forte de plusieurs millions d’adeptes, mais aussi une ville qui a connu un essor exceptionnel. Avec son université islamique d’un coût de 17 millions de dollars, sa bibliothèque de 170 000 ouvrages, sa Grande Mosquée en perpétuel agrandissement dont l’un des minarets, culminant à 86 m, est le plus haut d’Afrique de l’Ouest, Touba est devenue la deuxième agglomération du pays après Dakar.
Il n’a pas pu voir se réaliser un méga-projet de modernisation de la ville qu’il a confié à Wade, non sans lui remettre, en guise de participation personnelle, une somme de 7 milliards de F CFA (environ 1,075 milliard d’euros).

Assane SEYE-Senegal7



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