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La mer pour ma mère.

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J’entends depuis quelques mois, beaucoup de choses concernant les candidats à l’émigration et les vies sacrifiées à cette entité supérieure, aveugle et vorace qu’est l’océan.

Il y a des milliers d’années, certains peuples comme les incas faisaient des sacrifices humains et offraient littéralement le cœur de leurs enfants à leurs dieux pour améliorer les récoltes, la pêche, éviter de maladies et consorts.

 

   

Heureusement, aujourd’hui, ce genre de barbarie est révolue. En tout cas, c’est ce que nous pensions.

Mais comment seront nous juger par les Hommes dans 500 ans ?

Comment un monde qui se dit civilisé et qui fait une déclaration universelle des droits de l’homme, en écrivant noir sur blanc dans son article 13, je cite : « 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.  2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »

je disais donc, comment cette « société humaine » peut à ce point ignorer ses propres « lois universelles » et regarder des personnes mourir car privée de leur liberté de circuler librement ?

 

« Universelle » un mot qui désigne tout sauf les africains.

Les africains ne font tout simplement pas partie de la communauté humaine selon ces chantres de la liberté.

Dans nos contrés endeuillés, certains parlent de « suicide », d’autres veulent que cela soit puni par la loi.

Mais avez-vous écouté ces hommes et ces femmes dans la fleur de l’âge ? les avez-vous écoutés parler de leur souffrance ?

Quand ma mère à rejoint notre créateur, je n’ai jamais eu autant mal de ma vie, il ne se passe une journée sans que mon cœur ne se resserre en pensant à elle (Que ALLAH l’accueille au paradis).

Ma mère est la seule personne que je ne pouvais absolument rien refuser. Sa mort m’a fait mal et continue à me faire mal, une voix me dira toujours que je n’ai pas assez fait pour elle.

Malgré cela, je me sens très chanceux. Que cela soit matériel ou spirituel, elle n’avait pas besoin de moi, bien au contraire.

Mais j’imagine que si je la voyais souffrir de pauvreté tous les jours et que j’habitais un pays où je me sentais étouffer sans aucune vision d’avenir, sans espoir de travailler dignement, je me serais sacrifié pour elle.

Je me serais sacrifié dans l’espoir de lui acheter la maison de ses rêves et qu’elle mange à sa fin.

je me serais sacrifié pour la voir sourire, reposer, sans souci de la dépense du lendemain.

Je me serais sacrifié pour qu’elle aille à la Mecque dans l’espoir qu’elle soit éternellement heureuse.

Nous ne pouvons pas traiter des braves, qui veulent aider une famille et subvenir à un besoin élémentaire au péril de leur vie, de suicidaires, de criminels ou de fous.

 

Ce sont nos sociétés qui sont folles, criminelles et lâches.

En commençant par nos gouvernements qui font semblant de ne pas faire le lien entre leurs politiques et ces drames humaines.

Les sous-fifres que sont nos dirigeants africains signent depuis des décennies des accords désavantageux, qui pillent les richesses africaines, avec leur maîtres occidentaux.

Ils créent ensemble des situations intenables et explosives concernant les pays pauvres. Puis, les uns essayent d’ignorer que ce problème existe et les autres se barricadent dans leurs pays extrêmement riches tout en criant aux respect des droits de l’homme.

Les droits de « l’homme blanc » peut-être et pour le reste, on verra.

Quel monde d’hypocrites où la compassion a disparue et où l’homme n’a plus aucune valeur.

Le matériel dirige tout et ceux qui osent aller en contre-sens se voient traiter de tous les noms et même criminaliser.

Tout le monde fait semblant.

Tels des hyènes, chacun dans son petit monde, ronge son os dans sa petite tanière fétide.

En attendant, sur plusieurs petits ports de pêches artisanales au Sénégal, en ce moment même, de jeunes gens, dans la fleur de l’âge, vont prendre la mer pour leur mère.

Wasalam

Mandiaye Diallo

www.mandiayediallo.com

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