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Santé

le casse-tête dans les écoles

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A l’école du virus, le règlement intérieur n’a pas changé. Elèves et enseignants devront, comme le veut le protocole sanitaire, continuer de respecter strictement des mesures barrières afin de contrer l’avancée de la pandémie,. Après 10 mois d’expérience, il apparait toutefois impossible de faire observer toutes les règles édictées. La distanciation physique, par exemple, constitue une mesure difficile de mettre en œuvre surtout dans les écoles où la population est extrêmement importante. Contrairement à la reprise de juin passé qui ne concernait que les classes d’examen, nous pouvons constater qu’aujourd’hui, le protocole sanitaire n’est pas respecté dans sa totalité.

Les écoles sont lieux de rassemblement par excellence. Dans la lutte contre le covid-19, les Etats avaient, lors de la première vague, opté pour leur fermeture. Aujourd’hui qu’une résilience semble développée de partout, avec comme arme principale l’adoption des mesures barrières, leur fermeture n’est plus à l’ordre du jour. L’heure est à l’adaptation face à la progression galopante de la pandémie. De ce point de vue, dans notre pays, les écoles constituent de vraies équations au moment où les chiffres laissent apparaitre une ascendance fulgurante du covid-19 chez nous.

Impossible respect du protocole sanitaire

Au mois de juin passé, la reprise des cours dans les écoles était adossée à un protocole sanitaire bien élaboré. Le ministre de l’éducation, Mamadou Talla, dans le souci de protéger enseignants et apprenants, avait invité les acteurs à ne pas dispenser des enseignements s’il manquait un seul point au protocole. Force est de constater qu’avec le retour dans les salles de cours de tous les élèves, l’application stricte dudit protocole devient problématique.

Par conséquent, même si les écoles sont de fortunes diverses, la plupart ne peuvent pas garantir à leurs potaches 3 masques  chacun. Pis,  le dispositif de lavage ne fonctionne pas en permanence. Dans l’écrasante majorité des établissements, les lavoirs ne sont pas suffisants et la quantité de gels antiseptique disponibles n’est pas suffisante. Plus grave encore, faire respecter le port du masque aux élèves relève d’une véritable difficulté quoique ces derniers n’ont pas oublié une leçon qu’ils ont apprise depuis le bas âge: mieux vaut prévenir que guérir.

Faire face à la promiscuité dans les écoles

Cette prévention, principale arme capable de vaincre le virus, s’appuie aussi sur la distanciation physique. Or, avec le manque d’infrastructures dans beaucoup d’établissements et  l’insuffisance de personnels enseignants, il est à noter que  les salles de cours sont toujours bondées. Les élèves s’entassent comme des sardines et s’assoient souvent par trois sur une même table là où le virus nous recommandait au moins un mètre de distance. C’est pour dire que; on semble l’ignorer,  mais les écoles représentent des bombes à retardement avec plus de 4 millions d’élèves et près de 100 000 enseignants. C’est une société en miniature et, à tout moment, les apprenants peuvent choper le virus et l’amener chez eux.  En tout cas, toutes les conditions sont réunies pour que cette hypothèse, apocalyptique, se réalise à  moins qu »un vaccin ne vienne immuniser la population scolaire.

L’Etat sénégalais doit orienter ses efforts dans le renforcement du dispositif sanitaire et préventif dans les établissements. Pourquoi ne pas mettre à profit les ASP (Agents de sécurité de proximité) afin qu’ils aident le  personnel administratif dans  le contrôle du port des masques. Car s’il est possible de s’assurer du respect de ladite mesure dans les salles de cours, il s’avère complexe de le faire dans l’enceinte des écoles avec le nombre important de potaches en temps de récréation. Cela s’avère utile surtout au moment où  les mutations du virus ont fait vaciller  les plus solides théories relatives à  l’âge des malades de covid. Aujourd’hui, l’argument de l’âge pour expliquer la résistance des plus jeunes ne semble  plus tenir avec l’avènement du variant découvert au Royaume-Uni il y a quelques jours.  Mettre le focus sur l’école dès à présent c’est travailler à protéger les acteurs afin d’éviter toute spéculation sur une possible re-fermeture des classes.

Par Ababacar Gaye/SeneNews

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