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REFLEXIONS

Lettre ouverte à son Excellence Monsieur Macky Sall (Abdoulaye Sokhna) – YerimPost

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Monsieur le Président de la République
En cette journée mémorable du 31 Janvier, j’aimerais avant tout avoir une pensée très pieuse à nos disparus mais surtout à deux identités remarquables dont la fin tragique a eu malheureusement pour date cette journée que la génération de collégiens, lycéens et étudiants des années 90, dont je faisais partie, caractérisait de « journée noire ».
Ainsi le 31 Janvier 2001, l’étudiant Balla GAYE fut assassiné par une balle perdue dans l’enceinte de l’Université de Dakar à la suite de manifestations pour la restauration des droits les plus élémentaires de l’étudiant. L’enquête de la police et l’expertise balistique du locataire du Palais de la République à l’époque, n’avaient pas réussi à faire jaillir toute la lumière mais surtout la vérité dans cette affaire, d’ailleurs classée sans suite.
Dans le même ordre d’idées, le Mardi 31 Janvier 2012, quelques jours après la publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle, qui avait vu les 5 sages du Conseil Constitutionnel valider la 3e candidature hautement controversée et contestée du Président sortant Me Abdoulaye WADE dont d’aucuns jugeaient qu’il s’agissait d’une tentative de « coup d’état constitutionnel », le regretté Mamadou DIOP, époux et père de 2 filles, était parti sans dire aurevoir à sa famille restée à Mbour, suite à la manifestation du M23 et de l’opposition dont vous étiez membre. Il aurait été fauché par le « Dragon noir » de la Police selon les différents témoignages des citoyens ayant assisté à ce vaste rassemblement. Neuf (9) années se sont écoulées sans qu’aucune responsabilité ne soit située, sans qu’aucun responsable ne soit arrêté et jugé, à la hauteur du crime commis mais surtout du préjudice subi par sa famille. Qu’en sera-t-il le 31 Janvier 2024 après la publication de la liste des candidats de la prochaine élection présidentielle ? Combien de manifestants seront-ils arrêtés ? Quel serait le nombre en perte de vies humaines ?
J’aimerais vous dire que les réponses à ces questions se trouveront dans votre choix de devenir candidat ou pas à un troisième mandat, mais également à la validation ou au refus du Conseil Constitutionnel ? Ma conviction demeure que le peuple sénégalais ne va pas accepter pour vous, ce qu’il a déjà refusé à votre prédécesseur, l’homme des grands chantiers. Pour rappel, l’article 27 de la constitution est clair : « Nul ne peut faire plus de 2 mandats consécutifs » ; et ceci est un acquis démocratique.
Monsieur le Président de la République
Le hasard du calendrier fait que le 31 Janvier est également la date butoir pour les partis politiques légalement constitués de faire leur déclaration d’états financiers. A ce jour, combien sur les plus de 300 partis ont respecté cette loi ? En tout cas, quand la question fut posée à l’ancien ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, il avait répondu sans hésiter que si la loi était réellement appliquée dans toute sa rigueur, tous les partis politiques auraient été dissouts.
L’actuel ministre de l’Intérieur, Antoine Félix DIOME, avait en début d’année menacé le parti PASTEF de dissolution, suite au succès de la levée de fonds internationale initiée par les patriotes sénégalais du Sénégal et ceux de la Diaspora, à qui vous aviez octroyé la possibilité de voter pour des députés qui les représenteraient à l’Assemblée Nationale. Pourquoi ces citoyens sénégalais vivant hors du pays, n’auraient pas le droit de financer le parti politique de leur choix, comme l’ont fait auparavant d’autres citoyens sénégalais pour l’Alliance Pour la République (APR) entre 2009 et 2012 ? Le ministre de l’Intérieur irait-il jusqu’à scier la branche sur laquelle votre parti et les autres partis politiques de la coalition Benno Bokk Yaakar sont confortablement assis depuis l’avènement de la « deuxième alternance ».
Ainsi l’application stricte de cette loi pourrait être une opportunité pour le Sénégal de réduire le nombre pléthorique d’organisations politiques, d’autant plus que certains de ces partis, n’ont jamais participé à une joute électorale depuis leur création ; si ce n’est de se faire remorquer par les locomotives de coalitions.
Monsieur le Président de la République
Enfin, le dernier remaniement ministériel survenu le 1er Novembre 2020 avec l’entrée de certaines personnalités politiques de l’opposition et le remplacement à la Présidence du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) de l’inflexible Aminata Touré suite au dialogue national initié quelques mois auparavant et évoquant comme prétexte la lutte contre la COVID 19, aurait fait passer votre majorité confortable de 58 % issus des résultats de votre réélection en 2019 pour un second et dernier mandat à 85 % de l’électorat sénégalais. Je ne comprends pas par quelle formule abracadabrantesque vous avez réussi cette prouesse, mais laissez-moi vous dire que ce procédé qui est assimilable à de la poudre de Perlimpinpin en vue des prochaines élections (locales, législatives et éventuellement présidentielle), ne peut être jeté à la face des Sénégalais, qui ont compris que la politique n’est pas une science exacte où l’on ajouterait des individus comme si on comptait du bétail. Eh oui, les transhumants ne représentent que leurs propres voix, rejetés à cause des actes qu’ils posent au détriment de l’intérêt général par les citoyens (r)éveillés, pour leurs propres intérêts. Les alternances de 2000 et 2012 sont toutes fraîches dans nos mémoires, mêmes si beaucoup de Sénégalais semblent amnésiques, pour nous prouver que la transhumance est un système à bannir dans nos démocraties nouvelles et naissantes.
De ce fait, les ministres de ce nouveau gouvernement devraient faire leur déclaration de patrimoine dans les 3 mois suivant leurs nominations conformément à la loi 2014-17 du 2 Avril 2014 et cela tombe bien car l’échéance arrive à terme ce 31 Janvier 2021. Il en est de même du nouveau président du CESE, Monsieur Idrissa SECK (He will someday be Président…) qui aurait déjà effectué sa déclaration à l’aide d’avocats parisiens et un notaire sénégalais ! Avait-t-il vraiment besoin d’être assisté par toute cette pléthore de juristes pour faire une telle déclaration ? Celui qui ne voulait plus être nommé par décret, pourrait-il nous édifier aujourd’hui sur l’origine de ses biens si toutefois sa déclaration de patrimoine était publiée par l’OFNAC ou par lui-même ? Certainement, on n’aurait pas à attendre l’extinction du soleil mais juste son coucher pour avoir un début de réponse sur cette affaire.
Monsieur le Président de la République
Pour revenir à la soirée du 31 Décembre, lors de l’émission « Le Grand Entretien », vous aviez entre autres, confessé que dans notre pays, il y a certaines personnes qui bénéficient du statut « d’intouchables », ne pouvant par conséquent être poursuivies par le procureur de la République, encore moins par vous-même une fois leurs dossiers arrivés à votre niveau et bien « sous coude », au risque de mener le pays au chaos du fait de leur arrestation. Dommage que les journalistes présents n’eussent pas relevé pour rebondir avec la question suivante : qui sont ces Sénégalais qui passent allégrement entre les mailles de notre Justice ? Cette justice aux deux visages qui a condamné Babacar Ndiaye, le voleur de Nététou à un mois de prison et qui laisse libre de tout mouvement ces « Assane LUPIN » tropicaux à cols blancs ou enturbannés, puisque d’Arséne le vrai, ils n’ont ni le génie créatif, encore moins l’élégance ; elle devrait être réformée en profondeur pour une égalité des citoyens devant les lois et règlements de ce pays.
Par ailleurs, lors de votre prestation de serment en ces termes suivants devant le Conseil Constitutionnel en séance publique (Article 37 de la constitution) :
« Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de Président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois, de consacrer toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine ».
Sans oublier que vous deviez faire une déclaration écrite de patrimoine déposée au Conseil Constitutionnel qui doit la rendre publique (déclaration pas faite en 2019). A défaut de ne pas observer les dispositions de la Constitution et des lois, faites-les observer scrupuleusement. Cette mesure semble être une opération dont la solution serait de chercher la quadrature du cercle.
Je vous prie d’agréer Monsieur le Président de la République, Gardien de la Constitution, l’expression de ma très haute considération.

Abdoulaye François SOKHNA



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