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Sénégal: Covid-19, Ebola, Choléra…

Le Sénégal célèbre, ce dimanche, le 61ème anniversaire de son accession à l’indépendance, dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19. Du fait de cette situation particulière, la fête sera marquée par une sobre cérémonie de levée des couleurs, comme l’a décidé le chef de l’Etat, Macky Sall, Chef suprême des Armées. Prétexte pour…

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Sénégal: Covid-19, Ebola, Choléra…

Le Sénégal célèbre, ce dimanche, le 61ème anniversaire de son accession à l’indépendance, dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19. Du fait de cette situation particulière, la fête sera marquée par une sobre cérémonie de levée des couleurs, comme l’a décidé le chef de l’Etat, Macky Sall, Chef suprême des Armées. Prétexte pour lesoleil.sn, de jeter un regard sur la place de la médecine militaire dans la gestion des épidémies comme l’infection à virus Ebola, la Covid-19 ou encore le choléra.

Les forces armées, tout comme le corps de la santé publique, ne sont pas en reste dans cette bataille médicale enclenchée, depuis plus d’une année, par les autorités étatiques contre la pandémie à Coronavirus au Sénégal. Mais, bien avant l’arrivée de ce redoutable virus (2 mars 2020), les Armées sénégalaises semblaient avoir déjà pris leurs devants. En effet, dans un document récapitulatif de la direction de la santé des armées, il est mentionné que « dans le cadre d’une volonté d’anticipation, les forces armées sénégalaises ont mis en place une stratégie de préparation à la gestion des crises dont les épidémies ».

Plus d’une quarantaine de médecins et une centaine d’infirmiers militaires déployés

En tout cas, pour participer à « l’effort de guerre », l’armée nationale a sorti sa grosse artillerie sanitaire. Elle a déployé, en mi-mars 2020 à Touba, un hôpital de campagne de niveau 2 d’une capacité de 24 lits avec un effectif de 80 militaires, dont 13 médecins (vétérinaire, pharmacien et dentiste compris), 20 infirmiers et des personnels de soutien, pour suppléer et renforcer l’offre de service de soins dans le district sanitaire. Cette mesure « urgente » s’expliquait par le fait que la capitale du mouridisme avait été l’épicentre de la maladie au début avec l’arrivée d’un cas importé, un émigré, qui avait fini de contaminer près de 20 personnes.

Mais d’après toujours des informations obtenues de la direction de la santé des armées, celles-ci ont mis à la disposition du ministère de la Santé d’autres médecins en guise d’appui au personnel de santé au niveau des sites de prise en charge des cas de Covid-19. Hormis ce dispositif, des infectiologues, « avec une expertise avérée dans la lutte contre les épidémies », ont été également mis à la disposition du Comité national de gestion des épidémies (Cnge).

Par ailleurs, il faut signaler que les armées agissent également dans la prise en charge psychologique des malades du Covid-19, puisque «le programme de soutien psychologique des armées participe activement à la formation des acteurs dans la lutte pour la prise en charge psychosociale des malades et des contacts, pour empêcher la panique et renforcer l’application des mesures préventives».

Sécurité des zones affectées

Parallèlement à cet aspect médical, les militaires sénégalais accomplissent, naturellement, une mission sécuritaire, depuis le début de l’apparition du virus, le 2 mars 2020. En effet, notre interlocuteur de rappeler que l’armée et la gendarmerie nationale appuient le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique dans la mise en œuvre des mesures prises par le chef de l’Etat, Macky Sall, dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19. Également, « elles sont chargées de faire respecter les quarantaines et les couvre-feux et de gérer plusieurs points de contrôle afin de juguler, voire d’interdire, la libre circulation des personnes dans l’espoir d’endiguer la propagation de la maladie ».

Dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, les forces de défense prennent part aux instances de prise de décisions et de coordinations à différents niveaux du commandement territorial.

Ainsi, les armées et la gendarmerie participent quotidiennement au niveau de la cellule de crise interministérielle mise en place au niveau du Ministère de l’intérieur, pour la coordination politique et décisionnelle de la riposte.

Pendant ce temps, le conseiller en santé du ministère des Forces armées intervient au niveau du Secrétariat général du gouvernement qui assure le Secrétariat permanent du haut conseil de la sécurité sanitaire mondiale « One Health ». Ce conseil appuie la coordination politique et décisionnelle dans la mise en œuvre des recommandations à travers ses groupes thématiques.

Le Directeur du service de santé des armées, pour sa part, « agit » au niveau du comité national de gestion des épidémies au niveau du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Cette instance assure, à travers ses commissions, la coordination stratégique de la préparation et de la riposte.

Pour ce qui est du Médecin-chef des armées, il est membre actif au Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) qui assure la coordination opérationnelle avec mise en place d’un gestionnaire d’incident qui se réunit tous les jours et rend compte quotidiennement de l’évolution des activités des différentes commissions au Cnge pour les orientations idoines.

A cela, s’ajoute le rôle de l’Hôpital principal de Dakar (Hpd) qui, à l’instar de plusieurs établissements publics de santé hospitaliers, joue un rôle important dans la prise en charge des malades de covid-19. Un service de réanimation médicale a été entièrement dédié à la gestion des cas graves de Covid-19. D’ailleurs, il ressort de nos investigations, qu’il assiste le Cnge par la mise à disposition d’un infectiologue expert de l’Oms dans la lutte contre les épidémies.

Les épisodes Ébola, choléra…

D’après un document de la Direction de la santé des armées sénégalaises, cette même organisation a été à peu près adoptée lors de l’épidémie de maladie à virus Ebola, en 2014. Ainsi, elle avait participé à l’élaboration du plan de riposte nationale, pris part aux réunions du Comité national de gestion des épidémies, adhéré aux comités locaux de lutte contre les épidémies.

Mais aussi, avec l’appui de Médecin sans frontières, notre armée s’était largement investie dans la formation des formateurs nationaux sur l’infection à virus Ebola (avec un seul « cas importé » finalement guéri).

« On avait participé à la mission conjointe de supervision et d’évaluation du dispositif de riposte des régions de Tamba, Kédougou, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, et mis à disposition à la base aérienne militaire Andalla Cissé à Ouakam, d’un espace pour la mise en place d’une base logistique et un corridor humanitaire », souligne un médecin colonel, membre de la santé militaire.

Et le même modus operandi a été utilisé lors des différentes épidémies du choléra notamment, en 1994-1995 et en 2004, informent nos sources de la santé militaire qui soulignent que « les forces armées ont toujours été au rendez-vous lorsque la santé publique est menacée ».

« L’armée sénégalaise, avec ses capacités et par son attachement au concept armée-nation, a toujours participé à la riposte contre les épidémies en jouant son rôle dans la mission qui lui est confiée dans la riposte », soutient, pour s’en réjouir, notre interlocuteur. Salla GUEYE

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