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Politique

le nouveau porte-parole de la France en Afrique ?

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Le Président nigérien fait, une fois de plus, depuis vendredi, la Une de la presse. Et pour cause, Mohamed Bazoum a pris fait et cause pour la présence militaire française au Sahel, au point d’irriter tout Africain épris des idéaux d’indépendance et de dignité.

Si la France voulait avoir un porte-parole parmi les Présidents africains pour défendre sa cause, elle le tient déjà, en la personne du Président nigérien Mohamed Bazoum. Depuis l’accession au pouvoir de cet homme, en avril 2021, il ne cesse de multiplier les propos contestables pour plaire à la France ou pour dénigrer les autorités de transition au Mali voisin. Sa dernière trouvaille, c’est de prendre officiellement fait et cause pour la présence française au Sahel, au moment où le sentiment anti-français a atteint son point culminant au sein des populations de cette région.

En effet, au cours d’un entretien accordé, vendredi 26 novembre, à la radio-télévision du Niger, alors que le convoi français initialement bloqué au Burkina Faso et en partance pour Gao au Mali a atteint son pays, le successeur de Mahamadou Issoufou n’a pas tari d’éloges à l’égard de la France dont il juge la présence vitale dans cette région en proie au terrorisme violent, depuis quelques années. « De tous les pays qui sont engagés à nos côtés dans la lutte contre le terrorisme aujourd’hui, la France est le pays qui consent le plus de sacrifices. Ce sont 53 jeunes Français qui sont morts au Mali. J’ai entendu des gens dire que si les Français sont là et que les problèmes ne sont pas réglés, c’est que ce sont eux qui sont à la base », a laissé entendre le Président nigérien.

Pour Mohamed Bazoum, ceux qui manifestent contre la présence française n’ont « aucune idée du nombre de terroristes arrêtés dans la zone de Torodi (proche du Burkina) avant qu’ils ne passent à l’acte », et ce, « grâce à la coopération avec les services de renseignements français ». Et de poursuivre : « Nous sommes reconnaissants à la France de ce qu’elle fait pour sécuriser le Sahel (…) Et si les Français s’en vont, vous êtes sûrs que ces armées-là, qui ont leur devoir aujourd’hui, elles seront en mesure de faire face à cette situation ? Non ! Moi, je suis sûr que le jour où les Français plieront bagage à Gao, ce sera le chaos ! Les gens de Gao le savent de toute façon ».

Et le porte-parole sans titre officiel de la France en Afrique de présenter ses excuses aux forces françaises : « Je suis totalement désolé de la campagne qui est menée contre eux. Je veux que les Français soient forts, parce qu’ils ont, avec cet espace du Sahel, une histoire singulière… ». Pour tout observateur sérieux de l’actualité politique au Sahel, qui a suivi les dernières déclarations des autorités de transition maliennes qui ont publiquement affirmé détenir des preuves attestant que la France forme des terroristes au Mali, les affirmations de Mohamed Bazoum, non seulement apparaissent comme des propos d’un autre âge, mais sonnent comme un aveu d’incapacité et un témoignage de soumission déroutant de la part d’un chef d’État à une puissance étrangère, en plein XXIe siècle.

Sous d’autres cieux, un tel Président serait contraint à la démission dans les minutes qui ont suivi ces allégations qui montrent qu’il n’est pas digne d’être le premier responsable d’un État souverain. Malheureusement, Mohamed Bazoum a le monopole de ces propos contestables et dénués de toute dignité. Et les autorités de la transition malienne, pourtant bien en phase avec leur peuple, ont toujours été sa cible préférée.

Qui ne se souvient pas des élucubrations ridicules du Président nigérien devant Emmanuel Macron, en juillet dernier où il affirmait, indexant directement les militaires au pouvoir au Mali, ceci : « Il ne faut pas permettre que des militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front où ils devraient être et que des colonels deviennent des ministres et des chefs d’État (…) Qui va faire la guerre à leur place ? Ce serait facile qu’à chaque fois qu’une armée, dans nos pays, a des échecs sur le terrain, elle vienne prendre le pouvoir. C’est ce qui s’est passé par deux fois au Mali : en 2012, les militaires avaient échoué, ils sont venus faire un coup d’État. Cette année encore, ils ont fait la même chose. Ce ne sont pas des choses acceptables ».

Comme on pouvait s’y attendre, ces déclarations n’avaient pas laissé les autorités de Bamako de marbre. En son temps, l’ambassadeur du Niger au Mali avait été convoqué par le ministre des Affaires étrangères malien qui lui a rappelé que de tels propos n’étaient pas de nature à consolider les relations entre les deux pays. De toute évidence, les conseillers à la communication du Président Mohamed Bazoum doivent retrousser les manches pour tenter de canaliser leur patron qui, selon toute vraisemblance, n’est particulièrement pas doué pour la communication officielle.