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Amnesty International interpelle les Bleus sur le Qatar

Le choix du timing n’est pas innocent : alors que Didier Deschamps doit annoncer, ce jeudi (14 heures) sa liste pour les quatre matches de Ligue des nations qui seront disputés en juin, Amnesty International France publie le même jour une « lettre ouverte aux Bleus » pour les inciter à s’exprimer publiquement sur les conditions de vie des…

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Amnesty International interpelle les Bleus sur le Qatar

Amnesty International publie une lettre ouverte aux Bleus concernant les conditions de vie des travailleurs au Qatar, hôte de la prochaine Coupe du monde, alors que Didier Deschamps annonce sa liste, ce jeudi, en vue de la Ligue des nations.,

Le choix du timing n’est pas innocent : alors que Didier Deschamps doit annoncer, ce jeudi (14 heures) sa liste pour les quatre matches de Ligue des nations qui seront disputés en juin, Amnesty International France publie le même jour une « lettre ouverte aux Bleus » pour les inciter à s’exprimer publiquement sur les conditions de vie des travailleurs immigrés au Qatar, hôte de la prochaine Coupe du monde (21 novembre-18 décembre).

La main-d’oeuvre étrangère représente près de 90 % de la population totale de la petite péninsule du Golfe (2,8 millions d’habitants). « Vous entrerez dans la légende, si, en tant que champions du monde en titre, vous nous aidez à défendre et soutenir les personnes migrantes travaillant dans des conditions indignes au Qatar, et sans qui ce Mondial n’aurait jamais pu voir le jour. Votre talent vaut de l’or, votre parole doit peser tout autant ! », écrit l’ONG, qui ajoute que l’équipe de France croisera « sans doute ces travailleurs migrants dans [son] hôtel ou lors de [ses] déplacements entre les stades et autres lieux d’entraînements. »

Noël Le Graët, président de la FFF (P. Lahalle/L'Équipe)

Noël Le Graët, président de la FFF (P. Lahalle/L’Équipe)

La FFF a dit qu’elle était prête à vérifier, à son niveau, que les conditions de travail de ces employés soient strictement conformes à la nouvelle législation locale -qui inclut un salaire minimum équivalent à 260€- dans son camp de base de l’hôtel Al-Messila, à Doha, et sur les différentes infrastructures qu’utiliseront les Bleus dans le riche émirat gazier.

Mise sous pression de la FFF

La stratégie d’Amnesty s’inscrit dans sa mise sous pression régulière de la FFF sur les droits humains au Qatar et les problématiques précitées. Même si la « 3F » et l’ONG ont pu se rencontrer, le 19 avril, au siège parisien de l’instance, pour évoquer ces sujets, Amnesty avait annoncé qu’elle poursuivrait son « travail d’interpellation et de sensibilisation ». De son côté, la Fédération avait parlé d’un « rendez-vous positif » et d’un « message compris et bien perçu ».

Cette lettre ouverte aux Bleus coïncide également avec la sortie du nouveau rapport (de 62 pages) de l’ONG, qui interroge le Qatar et la FIFA sur « l’ampleur des abus » constatés, selon elle, dans le domaine du droit des travailleurs depuis l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde 2022 au petit émirat, le 2 décembre 2010. Amnesty demande notamment à l’instance mondiale et au Qatar « la mise en place d’un programme global de réparations pour toutes les violations des droits des travailleurs ». Un fonds « qui servirait à rembourser notamment les dettes très lourdes qu’ils contractent pour pouvoir travailler au Qatar, mais aussi et surtout à indemniser les familles de victimes mortes sur les chantiers », poursuit l’organisation.

(S. Leban/L'Équipe)

(S. Leban/L’Équipe)

Au début du mois, lors d’une conférence à Los Angeles (Etats-Unis), Gianni Infantino, le président de la FIFA, avait expliqué : « Quand vous donnez du travail à quelqu’un, même dans des conditions difficiles, vous lui donnez de la dignité et de la fierté. » Infantino avait préféré insister sur l’introduction du salaire minimum au Qatar et les récents changements entrepris dans le droit du travail. Le ministère du Travail local a déjà reconnu qu’il restait « encore du travail à faire », tout en expliquant qu’« aucun autre pays n’a fait autant de progrès en matière de réformes du travail en si peu de temps ».

publié le 19 mai 2022 à 00h00 mis à jour le 19 mai 2022 à 00h00