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Politique

En Malaisie, le parti fondamentaliste islamique plus fort que jamais

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L’information passerait presque inaperçue. Alors qu’Anwar Ibrahim, qui aime à se présenter comme un réformateur progressiste et un musulman modéré, a été nommé Premier ministre à l’issue des législatives, le premier parti au Parlement est désormais le Parti islamique Pan-Malaisien (Parti Islam Se-Malaysia, abrégé en PAS), avec 43 députés, soit 25 de plus que lors du scrutin précédent. 

Un succès que les médias d’Asie du Sud-Est n’ont pas manqué de qualifier de « vague verte », d’après la couleur emblématique du parti, également celle considérée comme la préférée du prophète Mahomet. Car jusqu’à présent le PAS, fondé en 1951 et inspiré par l’idéologie des Frères Musulmans, était surtout influents dans les États du nord et de l’est du pays (Kedah, Kelantan, Terengganu) et peu connu au-delà des frontières malaisiennes, si ce n’est peut-être au Brunei où son ancien idéologue, Nik Aziz, est considéré comme le maître à penser du sultan ayant décidé d’instaurer la charia punissant notamment les femmes adultères de mort par lapidation.

Un parti plébiscité par les jeunes
Et si les dernières performances électorales du PAS surprennent, c’est d’abord parce que le parti a été notamment plébiscité par un électorat jeune, faisant ainsi mentir tous ceux pour qui le vote des millenials serait nécessairement progressiste et libéral. Deux qualificatifs difficilement applicables pour décrire le PAS, dont les dirigeants se sont surtout faits remarquer pour leurs propos et actions très rigoristes, interdisant aux femmes artistes de se produire devant des hommes dans la région du Terengganu, sous leur contrôle politique, félicitant les talibans lors de leur prise de Kaboul en 2021 ou condamnant la tenue de concerts de rock en août dernier. 

Mais à y regarder de plus près, le PAS demeure en réalité bien plus proche qu’il n’y paraît de la jeunesse musulmane du pays, et ce, dès son plus jeune âge. « Le PAS n’est pas qu’un parti politique, c’est un mouvement social, le parti gère le plus grand réseau d’écoles maternelles et de garderie du pays, rappelait ainsi le spécialiste de l’extrémisme musulman Nawab Osman. Et si jusqu’en 2018, les ustaz (enseignants religieux) liés au PAS avaient interdiction de prendre la parole dans les mosquées, ils peuvent désormais y accéder. » 

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