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Les joueurs américains ont éliminé leurs homologues iraniens, mardi, au stade Al-Thumama (1-0). Ils affronteront les Pays-Bas en huitièmes de finale, samedi.

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Le capitaine Tyler Adams tombe dans les bras de Weston McKennie, lors de la victoire des Etats-Unis contre l’Iran (1-0), le 29 novembre 2022, au stade Al-Thumama, au Qatar.

Il régnait une atmosphère pesante, mardi soir 29 novembre, aux abords du stade Al-Thumama de Doha. Une atmosphère parfois violente qui ne tenait pas seulement à l’enjeu d’un match décisif entre deux équipes – et deux pays – pour une qualification en huitièmes de finale d’une Coupe du monde.

Dans la nuit qatarie, les Etats-Unis ont arraché dans une ambiance suffocante, en dehors et sur le terrain, un court et décisif succès face à l’Iran (1-0), grâce à un but de leur vedette Christian Pulisic. Au bout de longs arrêts de jeu, les fans américains ont pu faire entendre leurs « USA, USA », couverts jusque-là par les nombreux supporteurs iraniens, survoltés pendant toute la rencontre.

Et ce sont bien les « Boys » – la deuxième plus jeune équipe du tournoi, avec une moyenne d’âge d’un peu plus de 25 ans – qui ont gagné le droit d’affronter les Pays-Bas, samedi, lors du deuxième tour ; leur troisième qualification en huitièmes de finale, après celles de 2010 et 2014.

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Cette rencontre n’avait rien d’un match classique. D’abord, parce que l’Iran et les Etats-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980. Mais aussi en raison du contexte actuel dans la République islamique : depuis la vague de manifestations contre le pouvoir des ayatollahs, au moins 452 manifestants ont été tués et plus de 18 000 arrêtés, selon l’organisation non gouvernementale Human Rights Activists in Iran.

Les joueurs de la sélection iranienne ont été rattrapés par le contexte : questionnés par les médias étrangers sur la situation dans leurs pays, épiés par le régime au pouvoir. Sous la contrainte de Téhéran, ils ont, mardi, entonné l’hymne iranien avant leur match contre les Etats-Unis – comme contre le Pays de Galles, quatre jours plus tôt – après être restés silencieux en ouverture du Mondial face à l’Angleterre.

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Des agents de Téhéran au Qatar

Avant la rencontre, les forces de police qataries patrouillaient en nombre. Des hommes s’approchaient lorsque des supporteurs iraniens répondaient à des interviews, écoutant les propos. Faraj, un Irano-Américain de 61 ans, témoigne : « Si vous regardez autour du stade, vous pouvez voir que le régime de Téhéran a envoyé beaucoup d’agents ici. Il y en a des centaines. On les reconnaît à la façon dont ils sont habillés et à la manière dont ils se comportent. »

Les contrôles ont été plus sévères que lors de la première rencontre, lors de laquelle de nombreux Iraniens avaient pu manifester leur soutien aux femmes de leur pays. « Pour ce troisième match, les autorités sont extrêmement bien organisées. J’ai dû retirer mon autocollant “Women Life Freedom”. Mais j’en avais un autre et je l’ai recollé », confie Faraj.

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