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REFLEXIONS

Entre prosternation et une consternation, il faut oser se dire la vérité ! (Amadou Thiam) – YerimPost

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Croyants du monde prosternez-vous de la consternation de voir les valeurs de notre chère République s’agenouiller de la plus vulgaire de manière devant un homme ! 

Pour rien au monde, la République ne saurait se confondre à un homme. Peu importe la posture dont un citoyen se targue de revendiquer, il reste et demeure un citoyen, pour qui et à qui, l’Etat garantit la protection et la sécurité.

Les institutions, la République sont au-dessus des hommes, peu importe leur rang social. Rendons plus fort nos instituions sinon c’est notre cohésion sociale qui en pâtira de la plus pire des manières. 

Nous n’avons pas besoins d’hommes forts, mais plutôt d’institutions fortes. C’est ces dernières qui vont garantir la sécurité de tous sans distinction aucune.

L’Etat démocratique est laïc, elle n’a ni femme encore moins d’enfant et elle ne pratique aucune religion. Que les citoyens pratiquent leur culte en dehors de toutes sphères étatiques, des couleurs et des symboles de celui-ci.

Dure est la loi, mais c’est la loi !

En étant incapables de nous appliquer nos propres lois terrestres, il y a lieu à se demander si nous seront capables d’honorer notre engagement envers Dieu. 

Nous ne pouvons être des disciples modèles tout foulant aux pieds les règles établies par notre société dans un commun de vouloir vivre ensemble. 

C’est une leçon des plus élémentaires que chacun des quinze million de sénégalais devrait s’approprié pour la paix de tous. 

On ne peut pas vénérer les hommes en oubliant la nation que nous unit tous dans un manteau de sécurité et de sûreté.

C’est l’ensemble que la population qui constitue la nation sénégalaise dans leur irrévocable acceptation de vivre ensemble pour toujours. Ce contrat social est un serment d’une importance capitale qu’aucune autre conviction ne pourra surplomber.

Osons-nous dire la vérité, rien que la vérité et toute la vérité en toute circonstance. Nous sommes, tous, sénégalais et croyants dans la diversité des valeurs et coutumes bien de chez nous.

Le Sénégal, pays de la « Téranga » est un ilot fertile de la concentration de toutes les contradictions et de la pluralité des opinions. On s’en sort toujours plus grand de notre opposition de point de vue. 

Voilà ce qui fait la force de solidité de notre nation. Une paix durable, chantée de tous et de partout par nos amis des autres pays. 

De manière lapidaire, on te balance au visage que ce pays-là est protégé par les prières de nos vaillants guides religieux. On répond automatiquement par un oui sans même réfléchir une petite seconde de rationalité. 

Au Sénégal, nous sommes tous croyants, la foi on en a revendre de partout et de tout le temps.

Nous sommes tous égaux devant Dieu et devant la loi. Ce refrain est connu de tous, depuis les tendres années de la jeunesse.

Le Sénégal a cette particulière particularité qui le particularise de tous les autres pays du monde. Nous sommes un pays unique dans sa façon d’appréhender certaines questions de la vie sociétale. Ce qui impacte forcement sur notre marche administrative et politique de tous les jours. 

L’Etat et la République,  de chez nous, ont été bâtis sur les ruines d’une profonde tradition ancestrale qui remonte de plusieurs générations en se consolidant dans une accommodation de parfaire greffe. 

Il est regrettable, aujourd’hui, de constater pour s’en offusquer que les abîmes de cette tradition culturelle et religieuse sont en train de mettre à genou ns acquis démocratiques, fruits d’âpres luttes qui ont coûté à la nation des vies et des générations toutes entières sacrifiées en chair à canon au prix de la liberté.

On a laissé faire depuis des décennies, sans rien dire, une inquiétante prolifération de missiles privées à connotation religieuse presque dans toutes les cités religieuses du pays avec à leur tête les plus récalcitrants des petits-fils des vénérés guides religieux.

Autant on ne peut pas avoir d’Etat dans un Etat qu’on ne peut pas avoir d’armée en dehors de celle de la nation ! Cela doit être une infranchissable ligne rouge applicable à tous. C’est tout simplement parce qu’on n’en a pas besoins en République. 

Nous avons un Etat fort qui garantit la sécurité à tous les citoyens peu importe leur appartenance religieuse.

 Le temporel et le spirituel sont appelés à cohabiter ensemble dans un Etat tout en restant en parallèle dans une parfaite équidistance, sans interférence et encore moins d’immixtion de part et d’autre.

Autant que personne ne nous n’aurait acceptés que son marabout s’agenouille devant une autorité de la République, qu’on ne devrait nullement accepter à ce que le sens inverse se produise.

Les corps militaires, les forces de l’ordre sont partie intégrante des symboles de la République. Toute initiative allant dans le sens de les rabaisser, en est une pour affaiblir nos instituions et par ricochet notre Etat. Pourtant, nous devons tous le savoir, pour en faire un viatique.

Nous devons ni concevoir, encore moins accepter à ce que notre République se rabaisse à un niveau aussi bas, qu’une prosternation publique d’agent des forces de l’ordre devant qui que ce soit. Cette posture ne saurait être acceptée que devant les couleurs nationales !

Nous ne devons aucunement accepté de désacraliser l’Etat. Il y va de notre sécurité à tous.

Que Dieu préserve le Sénégal des démons de la division, du sectarisme et du fanatisme !

Que Dieu bénisse le Sénégal et les sénégalais dans leur totalité !

Ce pays a plus besoins, aujourd’hui, plus qu’hier d’une stabilité sociale. 

Loin de récuser l’élan de solidarité qui s’est fait en faveur du policier radié pour faute lourde et manquements à ses devoirs et engagements, la fanfare et les publicités qui l’accompagnent ne font que jeter l’huile au feu. 

Pensons dans chacune de nos actions au quotidien à préserver ce que nous avons, en commun de plus précieux, notre cohésion sociale.

Amadou THIAM

Juriste



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