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Economie

La victimisation, le nouveau fonds de commerce au Sénégal (Ibrahima Loum) – YerimPost

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En cas de difficulté, il est devenu réflexif, pour le politicien, l’artiste, l’enseignant, le policier ou même le sénégalais lamda, de pointer un doigt accusateur au gouvernement ou tout simplement à la plus proche personne. Notre société a acquis un goût immodéré pour le rôle de victime. « Ah, si ce crétin de directeur, de principal ou de proviseur n’était pas toujours sur mon dos… Ah, si les collègues ne semaient pas systématiquement la pagaille dans l’école… Ah, si notre secteur d’activité n’était pas en plein marasme… Ah, si les gens étaient moins feignants… Ah, si j’étais né dans un milieu plus favorisé… Ah, si mon marabout ne me l’avait ordonné… Ah, si mon père étais ministre ou député… Ah, si mes enfants étaient moins indisciplinés… Ah, si ma femme se montrait plus compréhensive… ». C’est toujours la faute des autres. Rejeter systématiquement les torts sur autrui ou sur autre chose pour expliquer ses difficultés est entré dans la norme au Sénégal. Tout en nous procurant un soulagement momentané, cela a aussi pour effet de nous enchaîner à ces problèmes. A lire les différentes réactions sur l’affaire du policier radié, on se rend compte que l’émotion a nettement dominé la raison, sur toute la ligne. De plus, pour plus réveiller l’esprit de solidarité connu, d’une certaine communauté et surtout pour la mettre en mal avec l’Etat, le débat est machinalement pose sous forme de dichotomie : Etat contre la confrérie. Un vrai faux débat. Au policier radié, je dis ceci : sois assez humble pour reconnaître ta part de responsabilité dans tes causes de tracas, et surtout sois assez courageux pour prendre toutes initiatives créatrices te permettant de surmonter ou de contourner tes difficultés. C’est en ce moment seulement que tu verras le pouvoir suprême que peut procurer l’exercice du choix.

Ibrahima Loum



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