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Santé

La Chine accusée de politiser ses vaccins

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L’archipel de 24 millions d’habitants revendiqué par Pékin fait face depuis plusieurs jours à une résurgence de l’épidémie (plus d’un millier de cas en une semaine) qui met à mal sa stratégie « zéro-covid ». Dans un contexte de pénurie de doses vaccinales, le gouvernement estime que Pékin utilise le vaccin au service de son agenda politique. 

« Les Taïwanais n’ont pas suffisamment confiance dans le vaccin chinois », a tenu à rappeler ce samedi le directeur-adjoint du centre de lutte contre les épidémies taïwanais. Face à la résurgence de l’épidémie à Taïwan depuis le week-end dernier, les soutiens de la Chine à Taïwan ont en effet donné de la voix ces derniers jours pour convaincre le gouvernement d’accepter le recours aux vaccins chinois, pourtant interdits sur le sol taïwanais.

Une manière pour ces derniers de tirer parti de la crise, alors que moins d’1% des Taïwanais ont pour l’heure été vaccinés. Taipei, qui comptait notamment sur son vaccin de production locale – attendu pour l’été – afin de boucler sa campagne de vaccination, n’avait en effet reçu la semaine dernière que 300 000 des 20 millions de doses commandées aux laboratoires Moderna et AstraZeneca. 

« Cela créé de l’anxiété qui est exploitée par la Chine pour servir son agenda politique », assure Kolas Yotaka, porte-parole de la présidence taïwanaise. De son côté, Taipei estime dans le même temps que Pékin a sa part de responsabilité dans ces difficultés d’approvisionnement. 

Des « interférences chinoises »

Selon des sources officielles citées par les médias taïwanais, la Chine aurait interféré à deux reprises dans la livraison des vaccins prévus par le mécanisme de répartition des doses vaccinales Covax, rattaché à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En février dernier, le gouvernement taiwanais avait également laissé entendre qu’un  contrat avec la firme allemande BioNTech avait échoué en raison des interférences de Pékin. 

« L’accès de Taïwan aux vaccins continue d’être ralenti par les interférences chinoises », renchérissait ce mercredi la porte-parole de la présidence taïwanaise, Kolas Yotaka. Contactée par RFI, cette dernière précise ne pas souhaiter révéler la nature de ces interférences en raison de « négociations en cours avec les fournisseurs de vaccin », mais défend l’existence de « tentatives de manipulation ». 

Pour sortir de la crise sans l’aide des vaccins de son rival, Taïwan déploie ses efforts pour recevoir au plus vite les doses commandées. Ce mercredi, 400 000 doses commandées à travers le mécanisme Covax ont ainsi atterri à Taipei. 

En attendant la production à grande échelle de son vaccin local, Taipei espère également bénéficier d’une partie des quelque 20 millions de doses promises par l’administration Biden aux pays victimes de pénuries, dont la livraison est espérée à la fin du mois de juin. Une aide que les États-Unis, désireux de limiter l’influence de la Chine à Taïwan, auront du mal à refuser.

RFI

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