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Politique

quand l’Armée impose encore son diktat

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Bis repetita placent ! Les militaires au Mali se sont encore révélés dans ce qu’ils savent faire visiblement le mieux. Aux échecs presque endémiques de rétablir la sécurité au nord du pays s’ajoute la manie inexplicable de commettre des coups de force à l’envi. Alors que la transition avançait clopin-clopant du fait de l’ébullition sur le plan social, la junte use encore de la force pour se faire entendre. Cette fois, l’Armée qui réagit au remaniement de ce jour, n’aura pas le privilège de brandir la demande sociale comme elle l’avait fait avec Ibrahima Boubacar Keita.

Chassez le naturel, il revient au galop ! Cet adage trouve sa plus grande pertinence dans la  pratique récurrente de coups d’Etat au Mali. Depuis son indépendance en 1960,  le pays de Modibo Keita va de Charybde en Scylla et ne se donne aucun répit sur le plan politique. Les rares transitions normales dont le pays peut se targuer ont été justement coupées nettes par la force comme c’est le cas aujourd’hui. Les frustrations nées au lendemain du départ du président IBK ont atteint, malgré les talents de négociateurs du premier ministre, un point de non-retour puisque aboutissant à un remaniement qui lui-même a abouti au coup de force que nous déplorons

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IBK parti, les problèmes persistent

Le soulèvement conduit par le « M5 » et l’imam Dicko, en août 2020, avait juste différé les problèmes de contestations au lieu de les régler définitivement. Le dénouement marqué dans ce bras de fer par le départ forcé du président Ibrahima Boubacar Keira, sans qu’une goutte de sang n’ait été versée, avait été trop beau pour être une réalité. Les quelques mois qu’aura duré la transition dirigée par le président Bah Ndaw ont été comme un rêve, que le coup de force vient de perturber.  L’accalmie et le semblant de normal n’auront duré que le temps d’une rose, et compte tenu des urgences à toutes les échelles, aucun état de grâce n’a été accordé aux nouveaux hommes forts. Bah Ndaw et son premier ministre se voient ainsi entre le marteau des travailleurs dont ils peinent à freiner la grève et l’enclume des militaires désireux de faire partie de l’équipe dirigeante. Dix  mois auront suffi pour que l’accord ficelé montre toutes ses limites.

Attendus d’apporter des réponses aux réclamations du peuple, lesquelles ont abouti au renversement d’IBK, le  président Bah Ndaw et son gouvernement se retrouvent vite au milieu d’un front social qu’ils ne se sont pas préparés à gérer. Les nombreuses négociations n’auront servi qu’à renforcer le mouvement syndical et affaiblir le gouvernement qui visiblement manque d’arguments. D’aileurs, le mouvement syndical avait décrété aujourd’hui une grève de 4 jours. C’est conscient des limites de son équipe, et désireux de lancer un signal fort aux travailleurs, que le président de transition avait décidé de réajuster l’attelage gouvernemental aux fins de mieux faire face à la réalité, la dure réalité des revendications d’ordre  social. Malheureusement, ce sera la goutte d’eau de trop pour les militaires qui se sentaient déjà écartés par la mise en application des directives de la Cedeao.

 Quand la Cedeao et l’UA paient pour leur nonchalance

Le dernier coup d’Etat du Mali, avant le coup  de force d’aujourd’hui, n’a pas été sanctionné comme cela méritait de l’être. La communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest a été dans une certaine mesure très molle  quant aux réponses apportées pour faire revenir  l’orthodoxie républicaine. Il faut  dire  que malgré tout, la nomination comme président de transition de  Bah  Ndaw, ancien militaire, n’a jamais  mis  hors-jeu les hommes de troupe.  Il  suffisait de constater la non dissolution du  Conseil national de transition (CNT) dont les principaux responsables sont impliqués d’une façon ou d’une  autre dans la gestion des affaires de la cité pour se rendre compte que les militaires n’ont jamais été hors de l’appareil étatique.

Cet énième coup de force sonne donc comme une conséquence logique du manque de rigueur de la Cedeao qui s’est satisfaite du simple fait d’avoir au pouvoir un « civil » qui n’en est pas un de vrai au vu de son passé militaire. L’organisme communautaire, malgré le boycott et autres sanctions adoptées les premières heures après le renversement d’IBK, n’a pas manqué de faire dans la dentelle depuis la venue de Bah Ndaw. Aussi l’absence de sanctions au Tchad où Mahatma Déby a succédé à son père de façon anticonstitutionnelle a donné des idées aux membres de la junte au Mali. Logique pour logique, on ne peut pas punir le Mali et laisser son allié du Tchad pour une même faute sans être accusé de parti pris qui serait d’ailleurs flagrant.

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