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Politique

«Le sermon du khalife des mourides s’adresse d’abord à Sonko…»

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Le président de la Répu­blique a repris ses tournées dans le monde rural. N’est-ce pas une campagne électorale avant l’heure ?
Ce qui est amusant, c’est que chaque sortie du Président est assimilée à une campagne électorale. On oublie que la méthode Macky Sall est faite de visites de terrain depuis qu’il était dans l’opposition, de contacts directs avec les populations, d’écoutes de ces dernières et de prises de décision sur la base de leurs besoins réels. C’est le secret de nos victoires électorales, encore qu’il s’agit dans ce cas de tournées économiques d’abord. Le Président doit être félicité parce qu’il est peu commun d’avoir un chef d’Etat qui plonge dans les réalités du pays pour communier avec les citoyens et apporter des solutions à leurs problèmes.

Comment appréciez-vous les mesures prises par le gouvernement pour l’emploi des jeunes ?
Le recrutement de 65 mille jeunes à partir du mois de mai et les 450 milliards de nos francs prévus pour l’emploi et l’entreprenariat sur trois ans, à partir de 2021, sont d’excellentes mesures. C’est une véritable bouffée d’oxygène dans un contexte mondial et national marqué par une crise inédite. Tous les pays ont été plongés dans un marasme économique imprévu.

450 milliards sur 3 ans. Est-ce la vraie réponse aux violentes manifestations de début mars ?
Une des fonctions d’un homme d’Etat est de lire les attentes des citoyens et surtout d’y apporter la réponse adéquate. Depuis 2012, pour ce qui nous concerne, le gouvernement s’y emploie sous l’impulsion du président de la République. L’emploi, on le sait, est une de ces attentes. Il faut, sur cette question, considérer plusieurs niveaux. Immédiatement, il est prévu de recruter des jeunes dans des filières qui n’exigent pas un niveau très élevé d’instruction. Tous ces jeunes qui n’ont pas de formation y trouvent leur compte, de même que d’autres qui ont un niveau plutôt intermédiaire. L’enseignement, le reboisement, la sécurité, le pavage, entre autres, répondent bien à nos besoins de développement. Je ne comprends pas trop ceux qui parlent d’«emplois précaires» où pourtant les jeunes vont acquérir une expérience pratique qu’ils peuvent valoriser dans le cadre de leur propre projet d’entreprise. Le deuxième niveau concerne la formation dans d’autres filières qui demandent un niveau plus élevé de qualification pour répondre principalement aux besoins des entreprises et mieux armer les jeunes dans leur propre projet d’entreprise. Le troisième niveau concerne l’entreprenariat, donc le financement et l’accompagnement des jeunes et des femmes porteurs de projets d’entreprise. Il est heureux que des guichets uniques soient implantés dans les 46 départements du pays pour la gestion de la demande très forte en matière d’emploi et d’entreprenariat. Il convient juste d’ajouter la convention Etat-Secteur privé qui, de 1 milliard de nos francs, a été portée à 15 milliards, augmentant ainsi la capacité des entreprises à recruter. Enfin, l’accroissement considérable du budget du 3Fpt à plus de 20 milliards augmente nos capacités en matière de formation technique et professionnelle en sus du projet des lycées techniques et professionnels ainsi que des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep).

Certains pensent qu’en attribuant cette colère des jeunes au chômage, le pouvoir tente de noyer aussi le poids de Sonko. Est-ce votre avis ?
Le pouvoir ne tente de rien noyer. Je disais qu’il est de la fonction et des obligations d’un pouvoir de savoir lire les bruits de fond de la société et de répondre clairement à la clameur. C’est ce que le Président a fait. On voit bien sur le terrain que la réponse des jeunes au discours du Président, et lors du Conseil présidentiel et pendant sa tournée économique dans les régions de Kaffrine, Tamba, Kaolack et Kédougou, est plus éloquente que les rumeurs et les interprétations surfaites.

Justement, que vous inspire la déclaration du khalife général des Mou­rides devant Sonko sur les violences de mars ?
Ma conviction est que l’introduction de la notion d’«ennemi» dans le champ politique représente un danger sérieux. Cette notion est la base même de la violence, parce qu’un «ennemi», il faut le détruire ; d’où l’usage extrême de la violence. Or la violence sur le bien public comme sur les biens privés, sur les citoyens en général comme sur les personnalités publiques en particulier, appelle la violence. C’est donc très dangereux de prôner la violence, quel que soit le niveau de l’adversité, en tout cas dans un système démocratique. En démocratie, il faut bannir la conception guerrière de la politique tel que la portent les groupes extrémistes. Pour qui connaît les leçons de l’histoire et qui, avec le regard lucide, observe les convulsions dans notre sous-région, il est indiqué de savoir raison garder. Oui, je partage entièrement la déclaration du khalife.

Ce sermon n’est-il pas aussi un message sur la responsabilité de tous les acteurs politiques ?
C’est d’abord de la responsabilité de celui qui était devant le khalife qu’il s’agit.
23 janvier 2022. Finale­ment, le chef de l’Etat n’a pas suivi l’opposition qui voulait des Locales en 2021. N’est-ce pas là un bémol au consensus politique ? Le chef de l’Etat a exercé sa fonction d’arbitrage. Il a coupé la poire en deux. Je pense que ce débat n’est plus d’actualité.

En direction des Locales, les querelles internes ne sont-elles pas les premiers adversaires de Macky Sall et sa majorité ?
Il est normal que des gens se positionnent en direction de ces élections. Sur ce plan, il n’y a rien de nouveau. L’essentiel, et c’est la pensée du Président Macky Sall, président de notre grande coalition Benno bokk yaakaar, c’est qu’à l’heure dite, des choix seront faits et je pense que toutes nos forces seront en ordre de mobilisation pour gagner largement les élections comme c’est le cas depuis 2012.

L’élargissement de la majorité présidentielle avec l’arrivée de Idrissa Seck, Oumar Sarr et Cie ne bouscule-t-il pas les fidèles alliés de l’Apr : Ps et Afp ?
En politique, il faut savoir articuler le «Et», car le «Ou» est facteur de division et de dispersion des forces. Ceux qui ont rejoint la majorité sont des Sénégalais qui ont pensé qu’ils devaient accompagner le Président dans son œuvre d’édification d’un Sénégal nouveau, libre, paisible et prospère. Ils ne bousculent rien, ils apportent leur expérience et leur expertise. Et c’est plutôt une bonne chose pour notre pays. N’oublions pas que la politique de gouvernance inclusive, d’ouverture et de rassemblement, nous la pratiquons depuis 2012 ! Comme le dit mon ami Abdou Fall, il n’est pas courant de voir un régime où toutes les institutions, en dehors de la présidence de la République, sont dirigées par les alliés. Je pense que c’est le signe que la démocratie n’est pas forcément la confrontation sans cesse entre les minorités et les majorités. Nous devons, ensemble, revisiter la démocratie comme mode de gouvernement.

«Fouta tampi» est-il un lâchage de Macky Sall ou un avertissement de ses fidèles déçus ?
Je suis les activités de ces amis. La démocratie permet à chacun d’exprimer ses opinions. Mais globalement, tout le monde sait qu’il ne s’agit nullement d’un lâchage. De Saint-Louis à Matam, en passant par Dagana et Podor, sur cet axe, la popularité du Président est intacte.

Le Quotidien

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