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La numéro deux mondiale a décidé, lundi, de déclarer forfait pour la suite du tournoi parisien, pour se protéger après les polémiques provoquées par sa décision de ne pas participer aux conférences de presse.

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Naomi Osaka, lors de son premier tour à Roland-Garros, contre la roumaine Patricia Maria, le 30 mai 2021, à Paris.

Elle appelle à « se reconcentrer sur le tennis ». Au lendemain du communiqué commun des quatre tournois du Grand Chelem la menaçant de « nouvelles sanctions, y compris l’exclusion du tournoi » après son refus de « se conformer à ses obligations médiatiques contractuelles », la Japonaise Naomi Osaka a pris Roland-Garros à revers, lundi 31 mai.

Peu avant 20 heures, la jeune athlète (23 ans) a publié un long message sur les réseaux sociaux, annonçant se retirer du tournoi parisien et « un certain temps des courts ». Après sa victoire au premier tour, dimanche, elle devait disputer son second tour mercredi.

« La meilleure chose pour Roland-Garros, les autres joueurs et mon bien-être, est que je déclare forfait, pour que tout le monde puisse se reconcentrer sur le tennis », a écrit la numéro deux mondiale. Il s’agissait de son second message sur les réseaux sociaux en moins d’une semaine, au ton plus apaisé que le premier, lequel, visant pourtant à la protéger préventivement, avait déclenché la foudre.

Osaka a bousculé les préjugés raciaux

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— naomiosaka (@NaomiOsaka大坂なおみ)

« J’ai souvent ressenti que les gens n’ont aucun respect pour la santé mentale des athlètes et ça résonne à chaque fois que je regarde ou participe à une conférence de presse, avait exprimé Naomi Osaka, mercredi. Si les organisateurs des tournois pensent qu’ils peuvent dire allez en conférence de presse ou vous prendrez une amende en continuant à ignorer la santé mentale des athlètes, l’âme de leur industrie, alors mieux vaut en rire. »

En dépit d’un masque contre le Covid-19 arborant un sourire facétieux à son entrée sur le court Philippe-Chatrier lors de son premier tour, pas grand monde n’a ri de sa décision d’esquiver les conférences de presse d’après-match, rendez-vous obligatoire des circuits WTA (féminin) et ATP (masculin).

Car Naomi Osaka n’est pas une joueuse parmi d’autres. Athlète la mieux payée de la planète, la quadruple lauréate de tournois du Grand Chelem (US Open 2018 et 2020, Open d’Australie 2019 et 2021) est la star que se cherche le tennis féminin depuis que Serena Williams, doucement, emprunte la pente descendante. Quitte à subir – et se mettre – une pression insensée depuis ses premiers bons résultats, avant l’âge de 20 ans. Et parfois loin des courts de tennis.

Métisse d’origine haïtienne par son père, Osaka a bousculé les préjugés raciaux au Japon, où la notion d’homogénéité ethnique reste prégnante. Depuis son engagement pour les droits des minorités à la suite du mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent »), elle focalise d’autant plus l’attention.

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