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Religion

Sénégal: [Reportage] Grand Magal

À la veille de la 127ème édition du grand Magal, Touba est en effervescence ; les uns cherchant à écouler leurs marchandises, les autres manifestant une admirable ferveur religieuse. Touba grouille de monde. Toutes les artères menant à la grande mosquée sont embouteillées. Plus on se rapproche du lieu de culte, davantage la circulation est…

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Sénégal: [Reportage] Grand Magal

À la veille de la 127ème édition du grand Magal, Touba est en effervescence ; les uns cherchant à écouler leurs marchandises, les autres manifestant une admirable ferveur religieuse.

Touba grouille de monde. Toutes les artères menant à la grande mosquée sont embouteillées. Plus on se rapproche du lieu de culte, davantage la circulation est dense et difficile malgré la présence des forces de l’ordre. À l’intérieur de la grande mosquée, les foules se faufilent entre les pieds des minarets et les couloirs qui mènent aux mausolées des dignitaires mourides. Abdou Faye et ses amis viennent de Taïba. Ils sont logés à Tindody, un quartier situé à plus de 3 km à l’Est du lieu de culte. « Nous nous recueillons aux mausolées de nos guides religieux avant que la masse ne prenne d’assaut la mosquée, surtout le vendredi. La prière de 14h est un grand moment d’affluence », soutient Abdou Faye.

Mously Kébé est venue se recueillir au mausolée de son guide, le 5e Khalife général des Mourides, Serigne Saliou Mbacké. Habillée d’un grand boubou de couleur verte assorti d’un voile blanc, elle confie souffrir d’une maladie qui ne lui permet de faire certains efforts physiques. C’est pourquoi, elle s’y prend très tôt pour ne pas être prise dans les bousculades le jour j. Contrairement à Abdou et Mously, Oulèye Ndiaye est venue au cimetière pour se recueillir sur la tombe de son père. Le visage triste, la voix tremblotante, depuis 2012, date du décès de son père, elle vient à Touba deux jours avant le Magal afin de prier pour son père.

Vêtu d’une tenue africaine de couleur rouge, Sadio Massaly est dans le périmètre du cimetière par curiosité. C’est la première fois qu’il vient au Magal. Entre la grande mosquée et le cimetière, se trouve « Daaray Kamil », la bibliothèque Cheikhoul Khadim. Un lieu qui attire les fidèles. « Chaque année, je visite la bibliothèque ; elle est une des merveilles de Touba. C’est un lieu qui me permet en tant qu’intellectuel d’avoir cette force de continuer ma quête du savoir », dit Moustapha Diouf, trouvé à l’entrée du majestueux bâtiment qui abrite la bibliothèque.

À côté de ces pèlerins, il y a ceux qui viennent dans la cité religieuse pour faire des affaires. Hassan Fall vient de la Mauritanie. Il est un commerçant. Son étalage de tissus se trouve sur l’axe menant vers Darou Minam en partant de la grande mosquée. Le grand Magal de Touba, c’est l’« instant des opportunités » pour lui. Tout comme Hassan Fall, les commerçants occupent les trottoirs et lieux accessibles du centre-ville, surtout les devantures des maisons familiales des fils de Cheikh Ahmadou Bamba où il y a une grande affluence. Ici, différents produits sont exposés sauf ceux prohibés dans la ville sainte comme la cigarette et l’alcool.

Un seul bémol, l’occupation anarchique rend infernale la circulation dans les différentes rues de Touba. À l’image des commerçants qui se sont installés un peu partout, les marchands ambulants ont aussi envahi Touba. « Le Magal est un évènement profitable. Je vends des accessoires électroniques et j’en ai déjà écoulé beaucoup en deux jours seulement », se réjouit Famara Diène qui vient de Yoff, une commune de Dakar. Les grâces se répandent, comme aiment le dire les disciples de Cheikh Ahmadou Bamba.

Les emplettes à Ocass

De l’entrée de la ville à la résidence Khadim Rassoul, en passant par le marché Ocass et au carrefour 28, la propreté de la ville séduit les talibés. Les panneaux publicitaires des opérateurs de toutes sortes accrochés aux lampadaires prolifèrent sur l’axe principal menant à la grande mosquée. À quelques encablures de là, la forte sonorisation des Hizbut Tarqiyyah diffuse des notes de panégyriques de Khadim Rassoul. De la nouvelle gare routière à l’ancienne station sise à Darou Marnane, les voyageurs, dont des familles entières, débarquent. De grands convois de dahiras arrivent à un rythme effréné. C’est la ruée vers Touba. Les hommes politiques ne sont pas en reste. C’est un ballet incessant. Le Magal a déjà démarré. Le contexte sanitaire ne semble pas effrayer les disciples. Ils sont nombreux à ne pas se conformer aux mesures barrières. Les charrettes et les taxis profitent de la demande de loin supérieure à l’offre pour augmenter les tarifs d’autant que les travaux d’assainissement en cours ne facilitent pas les déplacements.

Au marché Ocass et dans les différents centres commerciaux, les échoppes sont achalandées. « Le Magal est une foire religieuse qui rapporte » pour Zeynab, une dame venue de la Mauritanie. Les salons de couture et de coiffure sont bondés de monde. Tenant une quincaillerie à Darou Khoudoss, Samba Sy déclare tout sourire que son Magal sera réussi car il fait de « belles recettes » ; les populations rénovent leurs maisons. Dans les différents « Penc » (place publique) de Touba, des pavillons sont dressés et des bêtes à immoler bien attachés. Rien n’est de trop pour se conformer à la principale recommandation de Cheikh Ahmadou Bamba à travers l’action de grâce.

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