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Politique

à quoi ressemblera le conseil national de transition de Mamadi Doumbouya ?

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Un mois et demi après avoir pris le pouvoir, le président de la transition a commencé à choisir les membres de son gouvernement. En revanche, l’organe législatif est loin d’être constitué.

La classe politique guinéenne est dans une impasse. « Nous attendons la providence », ironise un cadre d’un grand parti. En l’occurrence, elle espère surtout la clarification par la junte au pouvoir, dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya, des critères de choix des futurs membres du Conseil national de la transition (CNT). Selon la charte rendue publique fin septembre, l’organe législatif de la transition comptera 81 sièges, dont seuls quinze seront dévolus aux représentants des partis politiques. C’est peu dans un pays qui compte 300 formations agréées.

Alors que nul ne sait pour l’instant quel sera le mode de désignation des membres du CNT, tous s’écharpent donc sur les critères qui doivent prévaloir. Les plus grands partis politiques poussent pour des quotas basés sur le poids politique de chacun d’entre eux lors des derniers scrutins, ce qui les avantagerait. Au contraire, les petites formations, dont les électeurs « ne remplissent même pas une cabine téléphonique », selon une plaisanterie guinéenne, soutiennent « qu’un parti est égal à un autre ».

Des émissaires face à la junte
« Nous sommes dans le flou le plus absolu, confie, sous le sceau de l’anonymat, un membre du bureau politique de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo. Les intérêts sont divergents. Nous n’en discutons même pas pour le moment, nous attendons de savoir quelles seront les règles. »

Organe législatif de la transition, le CNT aura pour mission « d’élaborer et de soumettre pour adoption, par référendum, le projet de Constitution », stipule l’article l’article 57 de la charte de la transition élaborée par la junte. Ses 81 membres, appelés « conseillers », seront désignés par les différentes composantes sociales. Outre les partis politiques, la société civile, les syndicats, la diaspora, les organisations paysannes, les personnes handicapées ou encore les médias auront des représentants.

Le 7 octobre, certains leaders de l’opposition – Cellou Dalein Diallo, Faya Millimouno de la Coalition politique pour la rupture (CPR), Ousmane Kaba de la Coalition pour le progrès et la démocratie (Coped) et Sidya Touré, le président de l’Union des forces républicaines (UFR) – se sont retrouvés au domicile de ce dernier pour réfléchir à une position commune face à la junte, accusée d’agir « sans associer la classe politique ». « Nous sommes d’accord pour demander plus de lisibilité au sujet des critères de désignation des représentants des partis politiques. Nous avons délégué des personnes pour aller voir la junte », confie Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR, tout en se gardant de nommer les émissaires.

Guéguerres au sein du parti d’Alpha Condé
Le 14 octobre, le secrétariat central de la présidence de la République a reçu un mémo de l’autre frange de l’opposition constituée de quatre coalitions, dont la Convergence pour la renaissance de la démocratie en Guinée (Corede) formée autour de l’homme d’affaires Mamadou Sylla, le leader de l’Union démocratique de Guinée (UDG). « 81 membres pour le CNT, c’est trop peu pour refléter la diversité des sensibilités de la société civile et des partis politiques., estime-t-elle dans ce document de six pages. Dans la précédente transition (2009-2010), le CNT était composé de 159 membres dont 35 issus des partis. Le contexte actuel milite en faveur du maintien, au moins, de ce quota pour renforcer la représentativité au sein du CNT. »

« Nous nous opposerons à une augmentation du nombre de conseillers dans un contexte d’austérité », prévient quant à lui Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG). Lui qui fut membre du CNT mis en place sous la transition pilotée par Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté est convaincu qu’une telle solution plombera le fonctionnement de l’organe et le rendra budgétivore. « L’ancien CNT devait avoir 101 membres au départ et en a finalement eu 159. Son mandat a duré quatre ans à cause des bisbilles politiques », remarque le président du CNOSC.

Si l’article 60 de la charte exclut du CNT « les membres du gouvernement et des institutions dissoutes à la date du 5 septembre », la mesure s’applique « intuitu personae ». Autrement dit, des membres du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG arc-en-ciel), l’ancien parti au pouvoir, pourront entrer au CNT. Mais selon un ancien ministre, la formation, minée « par des guéguerres internes suite au putsch », semble avoir d’autres chats à fouetter.

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