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Politique

« La libération immédiate de Pape Alé Niang réclamée, reste une exigence », par Zaynab Sangaré

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Après l’arrestation du journaliste Pape Alé Niang directeur de publication de Dakar Matin. Les camarades de la corporation ne cessent de réclamer sa libération sans condition. C’est dans cette mouvance que la consœur Zeynab Sangaré de Témoin a pris sa plume pour dénoncer la détention du journaliste d’investigation en détention depuis plus d’une semaine.  Pape Alé Niang est mis en détention dans la prison de Sébikotane pour les motifs de « divulgation d’informations non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la Défense nationale, de recel de documents administratifs et militaires et de diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques »

« La presse pleure un fils embastillé, emprisonné et cloîtré pour obtenir son silence. La libération immédiate du journaliste d’investigation Pape Alé Niang est tant réclamée par toute sa corporation et des Sénégalais, épris de justice. Il est anachronique de voir un journaliste en prison dans un pays comme le Sénégal, doté d’un paysage médiatique pluriel, foisonnant et considéré comme l’une des démocraties les plus stables en Afrique.

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Sur ce principe, les autorités doivent libérer le journaliste Pape Alé Niang et établir un dialogue avec les acteurs de la presse. Même si, la dépénalisation des délits de presse n’est toujours pas effective au Sénégal, elle continue de poser problème. En plus, les textes régissant les médias doivent être examinés.

L’Afrique semble être une terre de prédilection des Républiques bananières et des potentats où les régimes politiques ont tendance à user et abuser de concepts détournés de leur sens originel pour berner le peuple et mettre au pas les citoyens. Des pratiques mafieuses de captation des deniers publics et des malversations qualifiées de crimes économiques sont régulièrement, maquillés secret d’Etat.

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Et, le Sénégal qui aurait dû se démarquer de cette posture s’inscrit présentement, dans une dynamique de pratiques incohérentes. C’est un pays qui maintient le flou dans ses textes et règlements, régissant les médias et les journalistes. L’absence de définition claire de certaines lois et textes entretiennent un flou incontestable. Et personne ne peut contester le fait que les médias publics et privés ont participé de manière irréversible à la construction de la démocratie et du dialogue socio-politique national.

Ainsi, les fossoyeurs de la liberté de la presse et de la démocratie veulent, abattre les rares arbres encore debout dans l’espace médiatique sénégalais, tristement clairsemé. Ils ne supportent pas le regard impénitent du journaliste d’investigation, Pape Alé Niang. Ce dernier, titille depuis un certain temps, leur mauvaise conscience, en mettant sur la place publique leurs tares.

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Avec son arrestation et son emprisonnement, le pouvoir du Président Macky Sall vient de franchir la ligne rouge. Puisque, Pape Alé Niang est aujourd’hui, l’un des symboles d’une presse libre et digne, au service de l’intérêt général. Talentueux et perspicace, il n’a jamais perdu de vue que ce métier ne cherche pas à plaire ou à faire tort. Pape Alé Niang a toujours eu le courage de porter la plume dans la plaie. Et l’Etat, en mettant aux arrêts un journaliste, vient de poser un nouveau jalon dans sa tentative de museler la presse.

Le placement de Pape Alé Niang, sous mandat de dépôt pour « divulgation d’informations non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la Défense nationale, recel de documents administratifs et militaires, diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques, obligent à s’interroger sur des dispositions liberticides du Code de la presse dans ses articles 5 et 18, parlant de « Secret Défense ».

Il faut le reconnaître qu’il s’agit tout simplement, d’une notion fourre-tout, rappelant l’article 80 du code pénal (offense au chef de l’Etat, trouble à l’ordre public, diffusion de fausses nouvelles etc).

Le Secret Défense menace le journalisme
Le danger pour la profession, c’est le caractère extensible de la définition du Secret Défense. Sur quoi reposerait sa légitimité s’il doit institutionnaliser des pratiques dévoyées ? Et si cette loi visait à museler la presse et à la rendre moins opérationnelle dans ses investigations sur les dysfonctionnements des institutions publiques, militaires et les cas patents de corruption ?

Elle nous installe confortablement sur les intentions du législateur de protéger certaines personnalités et institutions. Ces mêmes règles servent à dissimuler des agissements coupables, imputables à des décideurs politiques, militaires ou autres hommes d’affaires plus enclins à défendre un secret.
Sous ce registre, le journaliste ne saurait s’opposer à la loi, relative au « secret défense » si elle sert l’intérêt général.

Les informations de nature à fournir les moyens aux forces étrangères doivent être strictement protégées par les règles, touchant le secret défense? Surtout avec la montée des périls djihadistes où la diffusion de certaines informations peut mettre en danger les populations.

Mais, ce que nous réclamons c’est la libération immédiate du journaliste, Pape Alé Niang, victime de ses opinions et de son courage. Personne n’ignore que l’Etat fait de sorte qu’une bonne partie de la presse est engagée à ses côtés. Mais, les seuls téméraires, refusant de vendre leur dignité sont voués aux gémonies et trainés dans la boue. Face à leur résistance et refus d’être embastillés, l’autorité n’hésiterait point à les envoyer en prison.

Ce qui est regrettable dans un pays où l’Etat parle de gestion sobre et vertueuse des affaires de la République. Et, les dénonciateurs des actes de malversations financières, détournements de deniers publics et gestion lugubres sont menacés. Tout le monde pourra constater qu’il s’agit d’un paradoxe.

Ailleurs, il serait difficile de ne pas s’interroger sur la proximité du journaliste Pape Alé Niang lorsque l’actuel Président Sall était dans l’opposition. Le journaliste avait même pris des risques pour l’offrir sa tribune d’expression, en bravant autrefois, les injonctions de ses patrons.

C’est vrai que le pouvoir impose de nouveaux comportements et de nouvelles attitudes. Sinon, rien n’explique l’emprisonnement du journaliste qui croupit présentement à la prison de Sébikotane, inaccessible pour ses avocats et autres amis de la presse d’ailleurs.

Mais, l’Etat doit savoir que malgré son isolement, certains confrères et consœurs ne sont pas dans les dispositions de l’abandonner. Nous allons nous constituer en bouclier pour combattre l’injustice qu’il est en train de subir. La place du journaliste n’est pas dans une prison. Mais, bien dans son lieu de travail, disposé à servir sa Nation dans la meilleure des façons.

Liberté pour le journaliste, Pape Alé Niang…« Zaynab Sangaré, Journaliste, Le Témoin

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